Il ne faut surtout pas taxer les compagnies et les richards, sinon…

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Des faits, puis après viendront les mythes

Saviez-vous qu’en 1970 le taux d’impôt fédéral statutaire sur le revenu des compagnies était de 40%? On parle ici du taux d’impôt fédéral seulement de 40%, auquel il fallait ajouter le taux d’impôt provincial. Ça c’était avant les fameux traités de libre-échange qui ont forcé la défiscalisation des entreprises, qui ont alors obtenu tous les droits de commercer et d’entreprendre librement et de mettre en concurrence entre eux tous les pays et tous les travailleurs du monde pour le plus petit commun dénominateur. Ces traités ont abouti à baisser l’impôt des nobles et des corporations et à diminuer le salaire et les avantages sociaux des travailleurs ordinaires. Vous acceptez une baisse de salaire sinon on déménage ou on fait venir des travailleurs immigrés comme l’ont fait les banques Royale (RBC) et de Montréal (BMO) même si elles nageaient dans les profits records. La cupidité est infinie et tous les moyens sont bons.

Sous la pression du patronat et avec la complicité de ministres importants provenant du privé et qui y sont retournés après avoir agi comme préposés aux commandes, le taux d’impôt fédéral des compagnies est tombé à 36% en 1980, à 28% en 1990, à 21% en 2005, à 19% en 2010 et enfin à 15% en 2013.

15%, c’est le taux d’impôt légal ou officiel que toutes les compagnies réduisent à pas grand-chose grâce à une panoplie de bonbons fiscaux qu’elles ont, comme les amortissements accélérés, et aussi grâce évidemment à leurs paradis fiscaux qui leur permettent de déverser le trop-plein de leurs petits cochons. De fait, aujourd’hui, les compagnies, tant à Ottawa qu’au Québec, reçoivent du gouvernement, donc des poches des citoyens, plus en subventions directes et indirectes que ce qu’elles paient en impôts, taxes et redevances. Et c’est comme ça que l’on va supposément créer de la richesse pour tous. Ça relève presque du socialisme capitaliste.

 À qui ça profite?

Alors, je vous demande de me dire si vous croyez vraiment que ces baisses d’impôt et les subventions accrues ont profité à la classe moyenne et aux gouvernements qui ont été contraints, afin de compenser pour ces cadeaux princiers faits aux princes, de couper généreusement dans les programmes sociaux et dans notre filet social? Alors pour aider à répondre en partie à ma question «à qui a profité ce crime fiscal», vous n’avez qu’à lire le texte dans cet article du Devoir du 19 février 2019 : «Record des dividendes mondiaux (soit 1370 milliards$ en 2018)». Et il en fut de même pour les rachats d’actions. Pour ceux qui ne le savent pas pour les dividendes, ils sont versés aux actionnaires, pas aux travailleurs ordinaires, et c’est à eux que profitent les rachats d’actions qui dopent la valeur au marché du titre.  

Et ils en redemandent

En 2017, la p.d.g. de Desjardins, l’emblématique «coopérante» Monique Leroux, exigeait d’autres baisses d’impôts fédéral et provincial afin d’aider nos entreprises d’ici à devenir plus compétitives. La baisse du dollar canadien et les subventions ne suffisent plus à nos cancres (Agence QMI, 20 mars 2017 et Le Devoir, 17 mars 2017). Et même l’économiste de la «coopérative» Desjardins a demandé des baisses d’impôts afin de les aider à verser de plus gros dividendes, de racheter plus de leurs de leurs actions et à faire part de plus de gratitude encore envers les dirigeants. Tiens, une drôle juste pour vous faire rire… jaune. «Budget fédéral. Le patronat est comblé. Le Consil du patronat du Québec estime qu’il faut aider les mieux nantis en réduisant leurs impôts» (Le Devoir, 13 décembre 2003).

Et ils vous prennent pour des cruches

Ils vous prennent pour des ignorants et tiennent des propos insultants comme ceux-ci provenant du patronat (Association des Manufacturiers et des Expportateurs du Canada-MEC) : «Le pays d’enrichira en réduisant les impôts des entreprises» (Le Devoir, 13 janvier 2011). Le pays s’enrichira qu’ils prétendent, tant supposément les travailleurs ordinaires et les gouvernements mais pas les actionnaires et les dirigeants.

La plus succulente émane de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), cette pleureuse par excellence qui cache volontairement que plusieurs PME (compagnies à numéros, sociétés en commandite, médecins incorporés, etc.) sont riches et constituent, dans les faits, des abris fiscaux juridiques qui servent à pratiquer l’évitement fiscal : «Main d’œuvre. Une rareté de plus en plus handicapante (pour les PME). Parmi les solutions (toujours les mêmes) des baisses d’impôt pour toujours pouvoir payer les employés davantage» (Le Devoir, 11 février 2020). Pourquoi ce journal publie de telles inepties? Ben oui, si l’État baisse leurs impôts sur le revenu (qui sont déjà minimes), sans toutefois baisser leurs subventions, alors les proprios de ces entreprises ne les garderont pas du tout pour eux mais les verseront entièrement en augmentations de salaires à leurs employés. Vraiment touchant! Un coup parti, pourquoi ne pas mettre le salaire des employés des PME directement sur le «payroll» du gouvernement? Déjà que l’État paie directement une partie des salaires (jusqu’à 37%) des employés de firmes œuvrant dans le multimédia (Ubisoft) dans le commerce électronique (CGI) et autres.

Ça leur prend des baisses d’impôts même si, comme le dit le cabinet mondial d’experts comptables KPMG, qui est loin de porte à gauche : «Fiscalité. Le Canada soigne bien les entreprises, selon le classement de KPMG (et de la banque mondiale)» (Le Devoir, 13 juillet 2016). Et aussi celle-ci, découlant d’une étude de Statistique Canada : «Canada. L’impôt sur le revenu presque à son plus bas en 26 and» (Le Devoir, 25 septembre 2019).

Idem pour les impôts des riches particuliers

Pour rappel, l’impôt sur le revenu des riches était taxé à plus de 70% dans les années cinquante et soixante. En plus, les élites économiques devaient se taper des impôts successoraux et les 75% des gains en capitaux étaient sujets à l’impôt contre 50% aujourd’hui. Et dans les années soixante, il y avait au moins une douzaine de paliers d’imposition, rendant la fiscalité nettement plus progressive, contre 4 actuellement au Québec, et 5 au fédéral. Aujourd’hui, dû au fait que les riches tirent le gros de leurs revenus d’entreprises, de capitaux et de salaires payés en actions, plutôt qu’en chèque de paie comme les employés ordinaires, et bien leur taux d’impôt sur le revenu réel et effectif est inférieur à 20% et même moindre si on le calcule sur leur véritable revenu économique, et non sur le revenu fiscal qui exonère d’impôts plusieurs gains et si on prend en ligne de compte, comme il se doit, les revenus expédiés dans les paradis fiscaux. Eh, oh, oubliez la fable des Crésus et des compagnies imposés à plus de 50%. Personne ne paie le taux marginal d’impôt statutaire. Je vous mets en défi de me trouver une entreprise, petite ou grande, dont le taux d’impôt réel est de 50%. Ne cherchez pas, vous ne trouverez pas.

La cavalerie des preux chevaliers défenseurs des «pleins»

Entendons-nous bien : loin de moi l’idée de surtaxer quiconque et je n’ai rien contre les multimillionnaires et les entreprises. Je souhaite seulement qu’ils paient leur juste part d’impôt : un point c’est tout. Est-ce assez clair?

Mais il y a la milice patronale qui défend courageusement les riches et célèbres comme l’actuel député caquiste, Youri Chassin, un ex de l’organisme patronal ultralibéral de l’IEDM, qui a prétendu faussement ceci : «Taxer les riches les fait fuir» (Huffington Post, 25 juillet 2012). En France, en 2012, le gouvernement socialiste a augmenté temporairement le taux d’impôt des riches à 75% avec comme résultat réel : «France. Pas de signe évident d’exode fiscal. La fuite annoncée après l’annonce d’une taxe de 75% sur les revenus au-delà d’un million d’euros ne semble pas d’être produite» (Le Devoir, 28 juillet 2012). Ah ben!

Et il y a aussi nos consciencieux journalistes qui se font honorablement les haut-parleurs d’organismes patronaux, du genre du C.D. Howe Institute, et qui colportent leurs primaires prétentions intéressées. Prenons le cas de Gérald Bérubé qui, dans le Devoir du 29 septembre 2018, consacrait une pleine page à justifier les élucubrations du C.D. Hover Institute en intitulant ainsi son texte (genre publi-reportage) : «Hausser l’impôt des mieux nantis ne rapporte pas». Le journaliste devrait avoir honte. Et dans La Presse, reprenant toujours les énormités du C.D. Howe, il y a le vaillant chroniqueur Francis Vailles, qui est monté courageusement au créneau le 5 décembre 2015 : «La fuite fiscale des riches» et aussi Alain Dubuc, devenu actionnaire dans la business lucrative du cannabis : «L’art de taxer les riches» (La Presse, 9 décembre 2015). L’art de taxer les riches c’est de les détaxer et de taxer plutôt la population. Oui, les gens ordinaires ne sont pas très riches, mais ils sont nombreux, ce que les libéraux de Couillard et Charest ont très bien compris!

Caquistes et libéraux sont interchangeables : hypocrites et méprisants

Qu’il fait bon de vivre libre et en démocratie

Ben oui, même si vous votez à tous les quatre ans pour des partis politiques qui se ressemblent (PQ, PLQ et CAQ), cela est-ce censé être le zénith de la démocratie et la preuve ultime que vous vivez dans un pays libre? Idem aux States avec les démocrates du très fade et insipide Joe Biden et l’imbuvable fou à interner, le républicain Donald Trump qui représente un vrai danger pour la paix dans le monde. Les Américains et les Canadiens sont libres mais pas pentoute les Russes, les Chinois et les Cubains, qui ont des services publics nettement supérieurs aux nôtres. Tout de même curieux, non?

CAQ et PLQ : des vases communicants

Les partis sont tellement pareils que les élus passent régulièrement de l’un à l’autre en calculant celui qui leur offre les meilleures chances de devenir ministre avec la limousine, le chauffeur, le prestige et la présence des micros et des caméras afin de flatter leurs gros égos. Puis, ils calculent quel parti politique fera la plus jambe à la classe dominante afin d’avoir une belle grosse job payante dans le privé après leur stage politique comme ce fut le cas de Lucien Bouchard, Brian Mulroney, Stephen Harper, Jean Charest, Raymond Bachand, Clément Gignac, Sébastien Proulx, Martin Coiteux, Monique Jérôme-Forget et j’en passe…

Prenez le cas de Marguerite Blais

Marguerite Blais surfe sur son image de bonne madame, ex-animatrice de télé, depuis toujours. Dans son cas, la forme importe beaucoup plus que le fond, c’est-à-dire ses compétences et son expérience pertinente.

Elle a été cinq ans ministre des aînés au parti libéral du Québec et a donc été partie prenante des coupures sauvages effectuées par son parti dans tous nos services publics, entre autres en santé et dans les CHSLD, dont elle avait la responsabilité. Tout ça a été fait au nom du déficit zéro et à la volonté de «moderniser» l’État en ayant recours à des mesures d’austérité musclées que les libéraux appelaient des pratiques rigoureuses. Comment appeler ça autrement que du mépris?

Madame Blais est en partie responsable du délabrement de mos CHSLD et de l’odieux traitement réservé aux personnes âgées (nourriture exécrable, bains pas trop souvent, préposées sous-payées, etc.). Quand elle affirme le contraire, elle fait preuve d’hypocrisie et elle ment effrontément. Si elle avait eu le moindrement un minimum de conscience sociale et un peu d’empathie, véritable pour les vieux, elle aurait dénoncé publiquement les atrocités commises par le PLQ et elle aurait démissionné.

Ben non, elle est restée au PLQ et quand, en bonne opportuniste qu’elle est, elle a vu que le bateau du PLQ commençait à prendre l’eau, elle a déménagé à la CAQ afin de satisfaire ses propres besoins et de continuer à jouir du poste de ministre avec les primes qui viennent avec. J’ai ressorti ce vieil article paru dans Le Devoir du 21 mai 2009 : «La ministre Blais prend le parti des clowns dans les CHSD». Du mépris que je vous dis!

Tout comme les dirigeants du CHUM qui, pour solutionner le problème lié au fait que les malades doivent attendre patiemment 20 heures à l’urgence, avaient inventé cette idée tout à fait géniale : «Le CHUM veut devenir plus humain grâce à des œuvres d’art» (La Presse, 8 juin 2010).

Dominique Anglade, celle qui veut devenir notre première ministre

Dominique Anglade est une autre girouette qui est passée de la CAQ au PLQ et qui a été une apôtre très active des mesures d’austérités libérales. C’est elle qui a approuvé la vente de la québécoise Rona à l’américaine Lowe’s et qui a été jusqu’à dire que cela serait bon pour le Québec. Et elle aspire à devenir notre première ministre. En pleine pandémie, le PLQ voulait faire comme le PQ et reporter la date d l’élection de leur chef. En termes de décence et de compassion, c’est bien le minimum à faire. Mais pas pour Dominique Anglade, qui a menacé de poursuivre en justice son propre parti si le PLQ osait reporter la date de l’élection de la future cheffe. Et c’est avec elle que le PLQ prétend vouloir se renouveler.

Sébastien Proulx, un autre transfuge

De la CAQ au PLQ, où Sébastien Proulx est devenu ministre de l’éducation à qui il a asséné des compressions épouvantables. Très simple, comme le PLQ ne voulait pas régler les problèmes de fond de l’école publique, comme inciter les gens à envoyer leurs enfants à l’école privée (qui n’avais reçu aucune compression budgétaire, bien au contraire), Sébastien a eu la merveilleuse idée de construire des nouvelles écoles du type «lab-école» et d’embaucher à cet effet des petites vedettes qui ne connaissent rien à l’éducation, dont le chef cuisinier Ricardo Larivée et l’athlète Pierre Lavoie.

Et pour les professeurs moins payés qu’ailleurs au pays, monsieur Proulx a prétendu que l’État n’avait pas les moyens de leur donner plus (mais le PLQ avait beaucoup de fric pour ses bons docteurs) mais qu’à cela ne tienne, ils resteraient quand même au Québec parce qu’ils sont bien ici! «Migration des profs québécois : le Québec. (PLQ) ne peut retenir ses enseignants» (Le Journal de Québec, 22 mars 2016). Le PLQ battu par la CAQ, Sébastien Proulx ne pouvait se voit déshonorer en s’astreignant à siégera comme simple député de l’opposition. C’est pourquoi comme tant d’autres avant lui, il a démissionné pour une belle grosse job payante dans une institution financière. Sachant le saccage que les libéraux ont fait dans nos services publics, comment une firme privée peut-elle endosser ces réformes en embauchant ses bourreaux?

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Le devoir de hausser les impôts des riches et des compagnies

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Les belles promesses qui n’ont pas tenu leurs promesses

Les traités de libre-échange qui donnent tous les droits aux détenteurs de capitaux; la déréglementation du marché du travail qui a pioché sur les syndicats, les avantages sociaux et les salaires des travailleurs afin qu’ils recouvrent leur “ autonomie” et leur “ liberté”; la baisse d’impôt sur le revenu et l’abolition des impôts successoraux et sur la richesse des richards et des compagnies; le décloisonnement des banques et d’autres institutions financières; la réduction des lois environnementales comme celles qui restreignent la destruction des milieux humides, les coupes à blanc de nos forêts, la contamination des sols et de l’air; la privatisation de la santé et de l’éducation dans les garderies et les CHSLD; etc, étaient censées enrichir tout le monde et encore plus la classe moyenne nous disaient le coeur sur la main les puissants de ce monde et leur escorte formée de politiciens, de chercheurs universitaires, de journalistes et d’autres experts émérites. Ça fait au moins quarante ans qu’ils nous répètent la même cassette! Que l’on soit d’accord ou pas, ils nous imposent leurs mesures et leurs politiques qui, dans les vrais faits, ne profitent qu’à eux seuls. En effet, au lieu d’enrichir les travailleurs, en termes de pouvoir d’achat, ces politiques, qui étaient censées moderniser l’État et nous sortir de notre immobilisme néfaste, ont appauvrit la classe moyenne et au lieu d’atténuer les inégalités économiques criminelles qui les ont fait exploser. Qu’à cela ne tienne, ils continuent à enfoncer le clou, en répétant encore et toujours leurs mêmes marottes, qui dans les faits ne sont que mythes, légendes, illusions et fables. Mais à force de les répéter et les entendre…

Quelques faits incontestables,

Ah, la belle affaire que ceci: «Paradise Papers. La concentration de la richesse est explosive» (Le Devoir, 8 novembre 2017). «Le 1% possède 82% de la richesse mondiale» (Le journal de Montréal, 22 janvier 2018) tiens, tiens, autres bonne nouvelle: «Huit personnes aussi riches que 50% de la population mondiales. (TVA Nouvelles, 15 janvier 2017). Mais à qui profite donc cette concentration de la richesse ? Qu’est-ce qui stimule ces inégalités économiques ? Pourtant, les mesures préconisées par la classe dominante et leurs valets étaient censées réduire les écarts de richesse et enrichir la classe moyenne et les plus pauvres. N’est-ce pas, en 1996, le président d’alors du Conseil du patronat, Ghislain Dufour, qui avait dit que «La distorsion entre riches et pauvres est en voie de se résorber» (La Presse, 15 janvier 1996)? 24 ans plus tard, loin de s’amenuiser, les distorsions s’écartent à grand V.

Et au Canada, qu’en est-il ?

Bonne nouvelle car ici même dans notre «plussss» meilleur pays au monde, la richards sont partie prenante du banquet de l’exploitation des uns par les autres : «Les deux Canadiens les plus riches ont autant que les 30% les plus pauvres» (Le Devoir, 17 janvier 2017). Mais, n’était-il pas censé ne plus avoir de pauvreté et des pauvres au Québec et au Canada ? Oh, mais quelle surprise : «Les ultra-riches s’enrichissent plus rapidement que les autres Canadiens» (Radio-Canada, 9 septembre 2018). Et dire qu’il y a des gens ordinaires qui triment dur qui vont défendre ce système économique et social qui les appauvrit davantage et qui réduit à pas grand-chose l’égalité des chances face aux services publics et face aux chances véritables de s’en sortir. Des honnêtes citoyens qui ont été «brainwashés» par le patronat et leurs faire-valoir et que l’on a amené à se résigner, se soumettre et même à se sentir coupable d’en demander un peu plus afin d’améliorer leur sort. On appelle ça la servitude programmée et imposée et non volontaire. Il n’y a rien de volontaire dans cet état de fait.

Il n’y a pas de riches au Québec qu’ils disent

Les Crésus et leur suite royale prétendent qu’au Québec il n’y a pas de riches ou si peu, comme Luc Godbout, ce fiscaliste universitaire qui pense toujours comme les puissants : «Budget. Pas assez de riches à taxer» (Les Affaires, 12 février 2011). Pas un seul journaliste n’a osé avancer le moindrement l’ombre du début d’une critique à cette ineptie. Les journalistes qui agissent ainsi, représentent un danger public et c’est comme ça qu’ils sont partie prenante de notre aliénation. Ces représentants des médias ne sont pas alors des agents d’information mais bel et bien de désinformation.

Tabarouette, un journaliste aurait pu lui dire que partout dans le monde, et pas seulement au Québec, il y a, en nombre, de moins en moins de riches mais qui sont de plus en plus riches : c’est ce qu’on l’appelle la concentration de la richesse. Puis, un journaliste aurait pu avoir la présence d’esprit, l’indépendance et le courage de dire à l’expert fiscal que l’impôt sur le revenu porte bien son nom : c’est un impôt fondé sur le «revenu» et non pas sur le «nombre».

Poliment, ils auraient pu demander au fiscaliste des riches ceci : «Monsieur Godbout, on sait bien qu’il n’y a pas beaucoup de riches au Québec, mais pouvez-vous nous dire quand même qu’elle est leur richesse globale (comparée à l’ensemble des Québécois) où leur revenu économique et pas seulement leur revenu fiscal qui, comme vous le savez sûrement monsieur, omet plusieurs revenus véritables et ignore ceux qui sont dirigés dans les paradis fiscaux et qui, de ce fait, n’apparaissent pas dans leur déclaration d’impôt ? Monsieur Godbout, vous avez dit qu’il y avait en 2011, seulement 70 500 contribuables qui affichaient un revenu «fiscal» (et non économique) de plus de 150 000$. Cela est faux, et vous le savez, car votre chiffre trompeur de 70 500 contribuables exclu ceux qui s’incorporent comme nos médecins. Et comme sils s’incorporent, ils disparaissent des statistiques fiscales des particuliers pour plutôt faire partie des statistiques fiscales des compagnies.

Dites-moi les amis, s’il n’y a pas ou peu de riches au Québec, expliquez-moi alors ceci : «Les ventes de maisons de luxe en augmentation à Montréal» (Radio-Canada, 20 mars 2019). Qui peut bien acheter les grosses cabanes s’il y a pas de riches au Québec ?

Et tant qu’à y être, expliquez-moi aussi celle-là : «Montréal. Les prix médians des propriétés de luxe affichent la meilleure croissance au pays» (Le Journal de Montréal, 10 mai 2018). Peut-être que les statistiques fiscales ne disent pas tout et faussent la réalité ?

Pour une fiscalité plus équitable

Une fiscalité vraiment progressiste et équitable doit servir à réduire les inégalités économiques, pas les accroître comme elle le fait depuis 40 ans. Dans le faits, les nantis ont un taux d’impôt inférieur à leur secrétaire et à leur femme de ménage, comme l’a signalé le milliardaire Warren Buffet : «Les riches américains devraient payer plus d’impôt» (Le Devoir, 6 octobre 2010). Il n’est pas le seul à réclamer plus de justice sociale : «Bill Gates estime qu’il devrait payer plus d’impôt. Il qualifie la réforme fiscale de Trump de «régressive» (Le Devoir, 20 février 2018). On ne parle pas de surtaxer quiconque, juste d’implanter des politiques fiscales équitables.

Legault et la CAQ : rien pour le monde ordinaire et tout pour les autres

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LA CAQ plane sur les surplus libéraux

Depuis son élection en 2018, la Coalition avenir Québec surfe et plane sur les odieux surplus budgétaires empilés par les précédents gouvernements libéraux au prix de sauvages coupures dans nos programmes sociaux. Ces coupures ont affecté les plus marginaux comme l’avait admis lui-même l’ex-premier ministre libéral : «Les coupes ont touché les plus vulnérables, admet Couillard» (Le Devoir, 23 septembre 2015).

 

Pas bien grave, l’important était de baisser les impôts et d’aboutir au déficit zéro afin de «respecter» les demandes du patronat et des riches comme le demandaient leurs économistes universitaires émérites affranchis Pierre Fortin et Luc Godbout : «Philippe Couillard sur la bonne voie économique, dit Pierre Fortin» et «La chasse aux déficits se justifie (selon Luc Godbout et sa chaire en fiscalité» (Le Devoir, 21 novembre 2014 er 22 juin 2016).

 

L’hypocrisie de la ministre caquiste de la santé

Danielle McCann, l’actuelle ministre caquiste de la santé, continue à s’écraser lamentablement devant le syndicat des médecins. Le député libéral de Pontiac, André Fortin, a sorti une lettre datée de 2015, dans laquelle madame McCann rendait hommage à la réforme en santé instaurée par les libéraux et son ministre vedette Gaétan Barrette. La dame a été déculottée et ramenée à sa véritable nature de girouette de droite (Le Devoir, 14 décembre 2019).

 

Puis, en octobre 2018, la mystificatrice commet un impair majeur, puis, réalisant son impair, se ravise après avoir dit ceci : «La ministre McCann évoque des compressions de santé puis corrige le tir» (Le Soleil, 23 octobre 2018). Aie, entrevoir d’autres compressions en santé après celles des libéraux, ça dépasse tout entendement. Il lui aurait été malheureusement impossible de couper davantage comme l’a admis son prédécesseur Gaétan Barrette : «Les libéraux ont déjà tout coupé selon Barrette» (Le Journal de Montréal, 16 février 2019). Pour une fois, il faut donner raison à Gaétan Barrette.

 

Et que fera la CAQ au sortir de la crise du coronavirus?

La CAQ a déjà annoncé ses couleurs et reviendra aux principes inhérents à sa véritable nature de droite. Déjà vous avez eu une petite idée de ce qu’est vraiment la CAQ après qu’elle ait renoncé à sa promesse de baisser le salaire des toubibs, de sabrer dans leur nombreuses indécentes primes et de leur droit à l’incorporation qui fait qu’ils ont un taux d’impôt réel inférieur au travailleur ordinaire. Et puis la CAQ a fait un cadeau de plus d’un milliard de dollars par année aux riches en baissant radicalement leur taxe scolaire sans que les locataires en profitent. Rien de trop beau pour la classe supérieure, n’est-ce pas?

 

Quelques indices afin de détecter les couleurs caquistes

Après avoir donné beaucoup aux docteurs, de ne pas avoir diminué le prix shylockiens des médicaments et d’avoir dépensé beaucoup en période de crise du coronavirus, ce qui a fait fondre les surplus, le gouvernement caquiste devra prendre de grosses décisions. Et c’est là que vous allez avoir de grosses surprises. Non, selon moi, la CAQ prendra pas pentoute des mesures pour réduire les immenses inégalités économiques en révisant ses politiques fiscales inéquitables qui profitent aux élites et aux compagnies ou en s’attaquant aux ridicules et grosses subventions publiques directes et indirectes aux entreprises.

 

Premier indice

«Les surplus budgétaires (qui auront fondu) n’appartiennent pas aux syndicats avertit Legault» (Radio-Canada, 13 septembre 2019). N’appartient pas aux syndicats des travailleurs ordinaires autant dans le public que dans le privé d’entend. Il appartient plus aux syndicats des médecins et des chambres de commerce.

 

Deuxième indice

«Un gouvernement de patrons. Près de la moitié du caucus caquiste provient du domaine des affaires et de la gestion» (Le Devoir, 15 octobre 2018). Bon mes amis, vous n’êtes pas nés de la dernière pluie. Ai-je besoin de vous faire un dessin?

 

Troisième indice

Legault veut régler vite le renouvellement des conventions collectives avec ses commis d’État n plein période de crise de la COVID-19 : «Négocier en temps de crise. Québec veut une entente avec ses 550 000 employés d’ici dimanche» (Le Devoir, 25 mars 2020). On appelle ça négocier avec le couteau sous la dent. Vraiment indécent. La CAQ s’est montrée plus souple avec le syndicat des toubibs, n’est-ce pas?

 

Quatrième indice

Comme les autres gouvernements précédents, la CAQ joue les gros bras avec les fonctionnaires et propose des augmentations de salaires, qui en fait sont des baisses, puisqu’elles sont inférieures à l’inflation, soit 7% sur 5 ans, ce qui fait, si mes calculs sont bons, un gros 1,4% par année. Bravo!

 

Cinquième indice

Le travailleur ordinaire, la CAQ en a rien à cirer et ce qu’elle a fait en 2019 aux simples chauffeurs de taxi afin de contenter des gros comme Uber : «La grève des taxis n’ébranle pas la volonté du ministre François Bonnardel d’aller de l’avant avec sa réforme de l’industrie» (Le Devoir, 26 mars 2019). Le petit matamore et ses semblables sont moins braves devant l’élite et le patronat.

 

Tiens, une autre afin de vous montrer de quel côté cante idéologiquement la SAQ : «Lock-ouot à l’aluminerie ABI située à Bécancour : François Legault blâme le syndicat» (Le Devoir, 3 avril 2019). Et Legault qui a alors affirmé sans rire qu’il ne prenait pas partie pour l’employeur.

 

Sixième indice

En ce temps de crise du coronavirus, oui Legault aime les infirmières, mais surtout celles qui sont raisonnables, positives, et qui n’exagèrent pas : «Les infirmières rejettent une hausse de 7% (sur 5 ans)» (Le Journal de Montréal, 24 janvier 2020). Comme Barrette, la CAQ offre des miettes, ce qui a valu aux infirmières un judicieux conseil de Gaétan : «Gaétan Barrette exhorte les infirmières à se montrer plus positives» (Radio-Canada, 1er février 2018). Se montrer positives en se contenter jovialement de moins, par souci de solidarité. Comme toujours, les gouvernements demandent aux commis d’État d’être raisonnables et braquent toujours la population contre eux…

Les géants corporatifs mènent le monde : quelques exemples

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Les transnationales plus puissantes que l’État : vrai ou faux?

Les multinationales plus puissantes que les gouvernements, c’est l’ex-ministre libéral de l’Agriculture, monsieur Pierre Paradis, qui a eu des au moins l’honnêteté de l’admettre candidement en 2015 : «Les géants des pesticides (l’américain Mosanto) sont plus puissants que l’État» (Le Devoir, 23 octobre 2015). Admettre ce fait est grave. Ça s’assimile à du communisme corporatif. Dans un tel environnement, c’est le marché qui mène : pas le gouvernement. Elle est où la démocratie de nos sociétés occidentales que l’on prétend libres? Si en 2015 Mosanto était déjà plus puissante que l’État, qu’en est-il maintenant, puisque l’allemande Bayer a acheté en 2018 Mosanto pour la modique somme de 63 milliards$?

 

Si aujourd’hui les géants corporatifs sont plus puissants et plus riches que l’État c’est beaucoup grâce à la complicité des politiciens qui les accommodent tout le temps en votant des traités de libre-échange qui leur permettent de tout faire, de poursuivre les pays et de les mettre en concurrence pour le plus petit commun dénominateur; de fermer les yeux sur leur évasion fiscale dans leurs paradis fiscaux; de répondre favorablement aux grosses fusions-acquisitions; de se laisser amadouer par leurs milliers de lobbyistes; de les laisser généreusement financer leurs partis politiques et de les embaucher après leur «service» politique.

 

Prenons juste quelques exemples de cette domination du marché qui fait que les consommateurs se font souvent arnaquer sans que vos élus lèvent le petit doigt. Ah oui, parfois ils vont faire semblant d’être outrés par le comportement abusif des bandits à cravate et vont alors promettre des lois restrictives qui ne viendront jamais ou qui seront tellement édulcorées que dans les faits le party corporatif va continuer. Léo, à continuer à parler comme ça, tu ne seras jamais considéré par les médias comme un spécialiste prévisionniste en expertise. Tant pis pour toi!

 

Téléphonie sans fil et internet

Déjà en 2005, on pouvait lire : «Les Canadiens paient 60% plus cher pour le cellulaire que les Américains» (La Presse, 27 juillet 2005). Puis, ça s’est poursuivi en 2009 : «Téléphone sans fil et internet. Selon l’OCDE, les consommateurs canadiens d’ici dépensent 55 fois plus d’argent qu’au Japon pour avoir accès à Internet haute vitesse» (Le Devoir, 12 août 2009). Et en 2013, les Canadiens lancent un appel à leur gouvernement : «Les consommateurs souhaitent une plus grande concurrence (afin de faire baisser les prix)» (La Presse, 21 août 2013). Même qu’en 2017, preuve que le privé est plus puissant que l’État, le gouvernement conservateur fédéral de Stephen Harper, pourtant pro-entreprises, a voulu casser l’oligopole Bell-Télus-Rogers : «Le gouvernement fédéral veut plus de concurrence dans le sans-fil» (Le Devoir, 6 juin 2017). Il n’y a pas eu davantage de compétition et les consommateurs ont continué à payer le gros prix qui s’apparente à des impôts et des taxes obligatoires levées par les compagnies. Le 17 mars 2019, le Journal de Montréal, titrait : «L’absence de rival sérieux fait monter le prix des services». Vidéotron et Cogeco sont des rivaux sérieux au trium vera Bell-Telus-Rogers, mais ne compter pas sur eux pour faire baisser des prix qui les aident d’ailleurs eux aussi à engranger de fabuleux profits.

 

Le parti libéral du Canada met son grain de sel

Et voilà que le nouveau ministre libéral fédéral de l’Industrie, monsieur Navdeep Bains, qui, nous prenant pour des andouilles, s’exclame solennellement : «Bains veut une baisse des prix dans le sans-fil» (Le Devoir, 6 mars 2020). Bonne chance monsieur Bains, mais pour faire diminuer les prix, il faudrait que son gouvernement légifère. Exprimer seulement un souhait ne suffira pas à ébranler le paisible consortium privé. La notion de service public n’existe pas pour le patronat. «Téléphone cellulaire. Télus défie les libéraux» (Le Devoir, 18 février 2020). En gros, ça veut dire «tasse-toé mononcle». Ils font tellement de fric que le gouvernement pourrait au moins les obliger à aller en région pour que tout le monde ait droit à l’internet. Mais non, c’est pas payant pour ces cies et ce sont les gouvernements fédéral et provincial qui doivent payer des milliards de dollars en subventions à ces filouteurs pour qu’ils daignent aller en régions : «Internet : La CAQ veut finir de brancher le Québec» (Le Devoir, 1er septembre 2018).

 

Idem pour Air Canada et le CN pour le bien de qui?

Cela ne fait aucun sens. C’est comme pour Air Canada et le CN que l’on a privatisé afin d’avoir plus de concurrence et de faire baisser les prix. Dans les faits, c’est le contraire qui s’est produit et l’État est maintenant obligé de subventionner Air Canada et le CN pour les supplier à desservir les régions. Incroyable mais vrai : «Aide aux vols régionaux : le problème des prix subsiste, selon le PQ» (Le Devoir, 7 juillet 2019).

 

Bell en région : Fitzgibbon défend sa juste cause

Bon, Bell décide un jour de ne plus aller en régions éloignées et le gouvernement caquiste et son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, collé au privé au lieu de décrier la navrante situation, tempère et minimise le problème en se portant presqu’à la défense de Bell : «Internet. Fitzgibbon se fait rassurant. Bell Canada sabre son programme (déjà que le dit programme était mince) en milieu rural, mais l’impact au Québec (selon sa lucide intuition) sera minime, selon le ministre» (Le Devoir, 23 août 2019). Bah, comme dit notre expert en poésie prolétarienne : «Y’a rien là».

 

Merveilleux privé : «Nouvelle hausse des plaintes contre l’industrie des télécoms» (Le Devoir, 2 avril 2019). Bande de chialeux, arrêtez donc de les critiquer!

 

La bonne solution du PQ et de QS

Il faut arrêter d’être collectivement les dindons de la farce et de laisser au privé ce qui est lucratif et de prendre à notre charge ce qui n’est pas payant pour lui et ce qu’il ne veut pas comme les régions pour Bell, Air Canada et le CN et pour les prêts risqués que nos banques laissent aux bons soins de l’État par le biais d’Investissement Québec, la Caisse de dépôt et placement, la Banque fédérale de développement, la Banque canadienne de l’Infrastructure (maintenant dirigée par un ancien président de Bell, Michael Sabia), la Société canadienne d’hypothèques et de logement, Exportations et développement Canada, etc.

 

Bonne idée du parti québécois et de Québec solidaire de créer des sociétés à propriété collective afin de mettre fin au scandale et que tout le Québec soit enfin, à des tarifs raisonnables, couvert par Internet : «Le PQ veut créer NumériQuébec pour brancher tous les Québécois» et «QS veut que l’État soit un fournisseur Internet» (Radio-Canada, 15 septembre 2018 et le Journal de Montréal, 2 septembre 2018).

 

Et aussi les banques, les pétrolières, les pharmaceutiques…

Que ça va vite! Évidemment que j’aurais pu couvrir plusieurs autres secteurs industriels dans mon texte, mais il aurait fallu que je les survole de façon superficielle. Je préfère traiter de moins de sujets afin de faire un travail un peu plus approprié et informatif. Alors, dans mon et mes prochains textes, je vous parlerai des autres secteurs d’activités, également dominés par des compagnies plus puissantes que l’État et qui se défoulent sur les consommateurs captifs.

 

 

 

 

Pandémie et transporteurs aériens : généreuse couverture du Devoir  

air air travel airbus aircraft

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L’indépendance des médias et Occident

Quand nos médias d’information appartiennent en Occident à des intérêts privés, il ne peut évidemment y avoir une totale indépendance et une totale objectivité. Dire le contraire, c’est nous prendre pour des valises. D’accord avec vous, en Russie, en Chine, en Arabie Saoudite, en Égypte, etc., les médias sont contrôlés par l’État. C’est pas mieux qu’en Occident mais c’est pas pire. Vous n’allez pas me dire que les nouvelles formulées par les agences de presse occidentale comme Reuters, Bloomberg, Associated Press, l’Agence France-Presse, Canadian Press, etc., ne sont pas teintées de parti-pris, de biais et de propagande? Soyez sérieux s’il-vous-plait. Oui, je le dis encore une fois : dans certains pays socialistes ou dictatoriaux, ce n’est pas l’objectivité qui règne. Allons, rions un peu avec cette nouvelle parue dans le Devoir du 4 décembre 2018 : «Facebook. L’AFP intensifie sa lutte contre les fausses nouvelles». L’AFP sera-t-elle en lutte avec elle-même? Ben oui, les américaines Facebookk, Google, Amazon, Teitter, et cie., c’est le zénith de la neutralité. Je savais bien que j’allais vous faire rire et que vous alliez entendre raison!

 

L’aide du privé aux médias et aux universités

Le patronat investit dans tout afin de consolider son pouvoir et afin de farcir la cervelle des gens. Depuis toujours, le gros privé finance abondamment les partis politiques; s’assure de faire élire des leurs à titre de ministres; embauche des milliers de lobbyistes; crée leurs propres organismes de recherche (C.D. Howe Institute, Conference Board, Fraser Institute, Institut économique de Montréal, etc.); se paie des pages et des reportages entiers d’info-pub; achète même des articles de journaux. Ils mettent aussi beaucoup d’argent dans leurs fondations privées : «fondation» ça donne l’impression d’être un organisme philanthropique, ce qui est loin de l’être et ça porte toujours comme raison sociale des noms pompeux.

 

Comme si ce n’était pas assez, le patronat subventionne abondamment des chaires universitaires et leurs professeurs-titulaires comme celles-ci :

 

  • «Les liens entre entreprises et universités se multiplient. Cette fois c’est l’université Laval qui annonce la création de la Chaire Familiprix» (Le Devoir, 16 janvier 2020);
  • «La Chaire SNC-Lavalin de Polytechnique garde son nom (et son financement)» (Le Devoir, 16 janvier 2020);
  • «Université Laval. Notre principal client c’est l’industrie forestière. Le bois a son cntre de recherche universitaire sur les matériaux renouvelables» (Le Devoir, 19 avril 2014).
  • «L’expert «indépendant» sur Desjardins (fuite de données) a reçu 1,25 millions de Desjardins (pour sa Chaire à polytechnique)» (Le journal de Montréal, 21 novembre 2019);
  • «L’argent «discret» de l’industrie énergétique octroyé à un prof (Pierre-Olivier Pnineau). Plus de 500 000$ en 5 ans ont été remis à la Chaire en énergie de HEC Montréal» (Le Journal de Montréal, 15 décembre 2018). Le professeur Pineau, financé par les compagnies énergétiques, est très populaire auprès des médias qui le considèrent quand même comme un expert indépendant…

 

Le Devoir itou

Et même le Devoir, un média que je respecte, a accepté en 2018 un don de 500 000$ d’Air Transat (récemment acquise par le mastodonte Air Canada) afin de mieux couvrir les événements internationaux : «Le Devoir publiera plus de reportages internationaux. Le quotidien centenaire (aux ressources financières limitées, comparé à d’autes) reçoit du Groupe Transat le plus important don de son histoire afin de lui permettre d’élargir sa couverture des événements étrangers, au cours des cinq dernières années» (Le Devoir, 19 septembre 2019). À souhaiter qu’ils iront voir ce qui se passe vraiment en Égypte, en Colombie, au Brésil, au Myanmar, etc.

 

Large couverture du transfert aérien en temps de concurrence

La pandémie frappe durement tout le monde, encore plus la classe moyenne, les démunis et les PME davantage que les transnationales qui ont beaucoup d’argent et qui ont engrangé de gros profits ces dernières années comme les banques, les pétrolières et les compagnies d’aviation. Je suis contre l’aide publique, qui provient des poches des contribuables, consentie à ces grandes entreprises en cette période de pandémie qui leur permettra de continuer de verser des dividendes à leurs actionnaires, à racheter leurs propres actions et à verser d’époustouflants salaires à leurs dirigeants et à poursuivre leurs activités dans les paradis fiscaux.

 

Je vais vous dire la vérité. Moi je trouve curieux et ça me chicote un peu de voir Le Devoir rédiger plusieurs longs articles en ces temps de coronavirus, sur l’industrie aérienne et sur leurs drames existentiels. La morale de leurs écrits est qu’il faut l’aider sinon les compagnies vont péter au fraitte. Il me semble qu’en temps de crise, il y a mieux à faire pour un média que de s’épancher sur les compagnies aériennes et de relayer leurs difficultés financières, qui appellent évidemment l’aide sociale de l’État et des citoyens. Parmi ces grandes entreprises, on dirait que le virus affecte davantage les compagnies aériennes.

 

Au cours des cinq dernières semaines, le Devoir a consacré 9 longs articles à l’industrie aérienne, qui frise selon moi le publi-reportage, dont trois de suite, les 18, 19 et 20 mars et deux de suite les 8 et 9 avril 2020 :

 

  • 18 mars 2020 : «La pandémie plombe les ailes des transporteurs aériens. Une aide étatique de plusieurs millions sera nécessaire pour traverser les turbulences, affirme l’Association du transport aérien international»
  • 19 mars 2020 : «Vols internationaux suspendus et réduction de coûts»
  • 20 mars 2020 : «Les turbulences dans le transport aérien chiffrés à 200 milliards»
  • 1er avril 2020 : «Coronavirus. Les liquidités des compagnies aérienne fondent à vue d’œil»
  • 8 avril 2020 : «Les compagnies aériennes lancent un appel à l’aide. Le secteur mise sur le soutien financier des gouvernements pour éviter la perte de 25 millions d’emplois dans le monde»
  • 9 avril 2020 : «Coronavirus. Air Canada fait appel à la subvention salariale. Le transporteur qui avait annoncé 16 500 mises à pied reprendra les travailleurs».
  • 15 avril 2020 : «Une bouée lancée aux compagnies aériennes»
  • 18 avril 2020 : «Coronarivus. Un scénario de reprise difficile à prévoir pour l’industrie aéreinne»
  • 22 avril 2020 : «Transport aérien. Le retour des voyageurs sera lent (mesures d’aide urgentes exigées)».

 

Vite de même, il me semble que le Devoir, avec ses ressources financières et humaines limitées, devrait se concentrer sur autre chose que les maux des transporteurs aériens. Des maux temporaires seulement. Une fois la crise passée, ils vont continuer à faire ben du cash et à aider la presse écrite. D’autres, comme pour la crise financière occidentale de 2008, n’auront pas la chance et les moyens de s’en sortir.

 

COVID-19 : La misère des richards corporatifs et individuels

grey metal case of hundred dollar bills

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L’appauvrissement des riches occidentaux

Ça fait vraiment mal au cœur de lire cet article du 10 mars 2020 paru dans le Journal de Montréal et intitulé : «Le COVID-19 gruge la fortune des ultra-riches». Belle initiative et beau courage du Journal de Montréal de nous sensibiliser à la misère des riches en cette période de pandémie. Ce que ces martyrs économiques vivent nous fait relativiser nos petits problèmes personnels.

 

Ce n’est pas des farces, en quelques jours seulement de pandémie, cet article instructif nous apprend que l’américain Jeff Bezos, le propriétaire d’Amazon et l’homme le plus riche de la planète, a vu sa fortune fondre de 6 milliards$ pour s’établir à «seulement» 111 milliards$ U.S. Ça fait vraiment pitié. Ce que le journaliste du Journal ne dit pas, c’est que ces pertes financières sont temporaires et théoriques, fondée sur la diminution de la valeur au marché de leurs actions. Croyez-moi, une fois la tempête du coronavirus passée, ça va remonter vite, comme ce fut le cas pour les autres crises antérieures. Eux s’en sortent plus facilement et plus vite que la plèbe.

 

Et dites-moi que ce n’est pas vrai : la cagnotte de Mark Zuckerberk (Facebook) a périclité de 4,2 milliards$ pour totaliser un famélique 82,8 milliards$. Et que dire du français Bernard Arnault et de sa tendre famille (produits de luxe Vuitton, Dior, Givenchy, etc.) qui viennent d’encaisser une perte théorique de 6G$, ce qui fait que leur fortune s’établit maintenant à un maigrichon 92,6 milliards$.

 

Les Crésus québécois y goûtent aussi

Même au Québec, le virus a frappé dramatiquement la fortune du propriétaire d’Alimentation Couche-Tard, monsieur Alain Bouchard, qui vient de perdre sur papier 288 millions$, ce qui lui donne aujourd’hui un petit cochon de 3,9G$. Pour l’aider à s’en remettre, le gouvernement du Québec devrait retarder l’entrée en fonction du nouveau salaire minimum de 13,10$ l’heure et même le diminuer. Il faut faire preuve de compassion et de solidarité envers nos nababs. Tiens, une idée comme ça, pourquoi ne pas lui donner la Société des alcools du Québec afin qu’il puisse traverser sereinement cette épreuve? Ça fait tellement longtemps que monsieur Bouchard plaide pour la privatisation de la SAQ. Nous, collectivement, par le biais de la Société des alcools du Québec, on n’a pas d’affaire dans le commerce de l’alcool et du cannabis mais lui, oui. Alain Bouchard est de ces personnages qui peut tout faite correctement pour le mieux-être collectif.

 

Alors je ne peux que dire félicitations au Journal de nous renseigner sur un tel fait divers en ces durs temps de COVID-19. Il y en a qui devraient se limiter à couvrir ces faits divers, comme certains chroniqueurs du genre Richard Martineau et sa douce Sophie Durocher, dans lesquels ils excellent plutôt que de s’aventurer à traiter de politique internationale en s’acharnant plus particulièrement sur les méchants comme la Chine, l’Iran, le Venezuela, etc.

 

Banques : Virus ou pas, il y aura des dividendes. C’est ça qui est ça, un point c’est tout!

Le patron de Citigroup, la troisième banque américaine, monsieur Michael Corbat, l’a dit : «COVID-19. Nous allons continuer à verser des dividendes afin de ne pas déprimer davantage le marché boursier et nos actionnaires» (Les banques américaines sous pression. Le Devoir, 7 avril 2020). Sous pression ou pas, elles vont continuer à être responsables envers leurs actionnaires et leurs dirigeants. Pas question pour elles de couper les dividendes qui seront payés en partie grâce à l’argent reçu des gouvernements et du monde ordinaire comme lors de la crise financière de 2008. Des milliers d’employés passeront à la trappe, mais dites-vous bien que l’important ce sont les dividendes.

 

Sévère récession pour deux banques américaines

Deux banques se préparent à une sévère récession» (Le Devoir, 15 avril 2020). Ces deux banques américaines sont JP MorganChase, la plus importante aux États-Unis, et Wells Gargo, la quatrième. Pauvres banques : elles ont été ravagées par le virus. Au premier trimestre de l’année 2020, JP MorganCHase a dû se contente d’un dérisoire profit net trimestriel de 2,9 milliards$ U.S. et Wells Fargo à 653 millions$, ce qui va leur permettre de continuer à verser leurs dividendes. Pouvez-vous me dire s’il y a un moyen de leur faire un don afin de leur permettre de passer au travers de cette sévère récession?

 

La pharmaceutique américaine Johnson & Johnson frappée elle aussi

Frappée de plein fouet, la transnationale pharmaceutique américaine Johnson & Johnson s’attend pour l’année 2020 à des ventes de seulement 80 milliards$ US alors qu’elle s’attendait à des revenus bruts de 86 milliards$, n’eut-été du virus. 80 milliards de ventes annuelles, ils appellent ça des faibles ventes : «Johnson & Johnson dsans la course au vaccin. Le fabricant de produits de santé sabre ses perspectives au vu des faibles ventes» (Le Devoir, 15 avril 2020).

 

J’espère que c’est un organisme public qui va découvrir en premier un vaccin afin de nous immuniser face au COVID-19 et, surtout, pas une grosse pharmaceutique privée comme Merck, Pfizer, Glaxo, Eli Lilly ou d’autres, car s’ils en ont le monopole, ça va coûter très cher, comme ils le font pour leurs autres médicaments vendus sous prescriptions. En plus, ça va faire exploser les coûts de notre système de santé publique : bah, le gouvernement aura juste à couper dans le salaire des infirmières et des préposées aux bénéficiaires. «Es-tu devenu fou» que j’ai répondu à un de mes lecteurs qui, cavalièrement, a plutôt suggéré de gruger un petit peu le salaire de nos médecins. Combien de fois va-t-il falloir que je vous répète que le salaire des toubibs et les dividendes aux actionnaires sont des droits acquis et des vaches sacrées?

La farce politique de l’achat local

Soyons solidaires en période de pandémie

Nos élus font semblant de se réveiller en cette période de coronavirus mais c’est encore une fois, hélas, pour mieux vous endormir. Ils lancent des beaux slogans vertueux et moraux : en période de crise, soyons solidaires et miséricordieux, achetons des produits pharmaceutiques et alimentaires locaux afin d’aider nos entreprises québécoises. Moi, ça m’émeut d’entendre ces preachers parler. J’ai alors ressorti mon beau gros drapeau québécois. Comme le mentionnent deux chercheurs émérites dans Le Devoir du 3 avril 2020 : «Face au virus, l’apport de la philanthropie». Les médecins spécialistes ont répondu présents. À 2100$ par jour, c’est presque du bénévolat! Ne dites pas le contraire, sinon leur présidente Diane Francoeur va piquer une autre crisette.

 

Tous les pays développés, pas colonisés comme le Québec, savent depuis longtemps qu’en cas de crise sanitaire, de conflits politiques ou militaires (même avec nos alliés), de bouleversements naturels et environnementaux, etc., tout territoire ou pays doit s’assurer d’avoir un minimum de souveraineté nationale dans les domaines de l’alimentation, du pharmaceutique, du pétrole et du gaz, des terres agricoles et des fermes, etc. Tous savent ça mais pas nos politiciens qui sont du genre commis voyageurs et lobbyistes. En effet, ils ont non seulement laissé plusieurs joyaux corporatifs québécois être vendus à des étrangers, ils ont même été jusqu’à s’en réjouir. Plus vendus et plus colonisés que ça, tu meurs.

 

Toujours la même marotte d’acheter québécois

Comme la marmotte, la marotte politique revient à chaque année comme en 2007 : «Le gouvernement du Québec (PLQ) adopte une politique d’achat local» (La Presse, 22 novembre 2007). Et encore un vœu pieux, énoncé de nouveau par PLQ, lui qui a endossé la vente de certaines de nos firmes agroalimentaires à des compagnies étrangères : «Pour une politique agricole basée sur la souveraineté alimentaire (en vendant nos terres à des opportunistes d’ici)» (Le Devoir, 8 septembre 2007). Et celle-là c’est une de mes préférées : «Mondialisation. Mangez québécois! Une (énième) campagne publicitaire pour inviter les consommateurs à acheter des produits locaux» (Le Journal de Montréal, 7 juin 2008). Mangez québécois si vous trouvez encore des aliments d’ici sur les tablettes d’IGA-Sobeys, Loblaw-Provigo et Métro. Facile de trouver en grand nombre des produits américains (Kellog’s, General Foods, Kraft, Post, Dole, etc.) mais peu de produits québécois car il n’y en a presque plus, nos entreprises ont été vendues (Culinar, Vachon, Carrière, Viau, Habitant, Durivage, Martel, Naya, Gadoua, Ultima, Multi-Marques, etc.). Pour les petits producteurs québécois qui restent, on va leur souhaiter «bonne chance» car : «L’espace sur les tablettes s’achète à gros prix. Une sorte d’omerta règne autour des négociations au sujet de l’espace d’étalage dans les magasins d’alimentation du Québec» (Les Affaires, 1er mai 2004).

 

Nos élus ouverts au bradage

Contrairement aux États-Unis et à l’Europe, qui interviennent et bloquent la vente de leurs entreprises nationales stratégiques à des étrangers, ici ça ressemble plus à un buffet : allez, servez-vous, prenez ce que vous voulez et tant que vous le voulez. Il n’y a pas que les libéraux du Québec qui se sont comportés comme des valets, il y a aussi le Parti québécois qui se dit toutefois souverainiste : «Culinar à des Américains, no problem? Bernard Landry ne s’émeut pas de la vente de l’entreprise beauceronne (un joyau québécois)» (Le Devoir, 3 juillet 1999). Pourtant, la Caisse de dépôt et Desjardins détenaient le contrôle effectif de l’entreprise. Et la liquidation a continué avec les libéraux : «Alimentation : Maple leaf avale Viau (charcuteries) et aussi Pasta Romana (pâtes et pizzas) vendus à des intérêts israéliens» (Le Devoir, 3 octobre 2018 et le Journal de Montréal, 8 décembre 2017).

 

Vente de Provigo à Loblaw

Ma meilleure vient de Jacques Parizeau, pour qui j’ai toujours eu un grand respect (il a été mon professeur d’économie aux HEC). Une grosse perte et une terrible erreur politique qui a eu des conséquences néfastes sur nos fermiers et sur nos manufacturiers fut, en 1998, la vente à Loblaw du géant québécois Provigo qui était détenu majoritairement encore une fois par la Caisse de dépôt. Ça ne prend pas une grosse lumière pour comprendre qu’il est important de contrôler collectivement au Québec les gros détaillants en alimentation afin d’aider nos firmes d’ici. Contrôlée légalement ou effectivement (avec disons le tiers des actions) par l’État, celui-ci aurait pu obliger Provigo à acheter et à vendre des produits québécois.

 

La réaction incompréhensible de monsieur Parizeau à la vente de Provigo à Loblaw fut assez naïve, merci : «La Caisse de dépôt pourrait acheter des actions de Loblaw. Une suggestion de Jacques Parizeau» (Le Devoir, 3 novembre 1998). Ayoye! Tiens une autre étonnante de Jacques Parizeau, tant qu’à y être : «Les compressions (énormes) dans la santé et l’éducation. Le gouvernement de Lucien Bouchard a été héroïque» (Le Journal de Montréal, 2 novembre 1998). Pour la banque Desjardins, la vente de Provigo à des étrangers fut excellente pour le Québec et pour tout le monde : «Provigo : un «bon deal»» (Le Devoir, 31 octobre 1998). Franchement, Alphonse Desjardins et Joseph Rouleau doivent se retourner dans leur tombe. La fibre nationaliste, Desjardins en a rien à foutre : «Money talks», comme dit le poète. Comme Desjardins, la libérale Dominique Anglade a dit que la vente de Rona à l’américaine Lowe’s serait bénéfique pour le Québec.

 

Achat local vous dites…

«Loblaw (qui a acheté Provigo) dit au revoir à une centaine de producteurs québécois» (La Presse, 23 avril 2009). Mais cela n’a pas empêché l’ex-ministre libéral de l’Agriculture, feu Claude Béchard, de continuer à rêver : «Béchard veut des produits québécois sur les tablettes» (Le Devoir, 4 décembre 2009). Sur quelles tablettes? Il n’y a jamais eu plus, mais moins de produits québécois sur les tablettes de nos trois gros détaillants au Québec, qui forment de fait un puissant oligopole, qui peuvent fixer les prix et mettre beaucoup de pression sur leurs fournisseurs. Mangez québécois si vous en trouvez : «Des produits québécois moins visibles (et dans certains cas invisibles)» (Le Journal de Montréal, 25 juillet 2008). «Alimentation. Les maraîchers haussent  le ton. Ils déplorent les exigences des chaînes qui nuisent à l’accès au marché» (Le Journal de Montréal, 14 juin 2013). Vous le savez, le Conseil du patronat et les Chambres de commerce sont toujours pour l’investissement étranger dans tout. Mais là en 2016, comble de l’ironie : «Le Conseil du patronat demande aux consommateurs québécois (comme le fait actuellement la CAQ) de faire un effort. Une offensive (pas trop vigoureuse et plus pour la forme) lancée pour favoriser l’achat local» (Le Journal de Montréal, 22 janvier 2016).

 

Il faut simplement faire comme ailleurs. Pas si compliqué que ça!

Je ne dis pas que le gouvernement du Québec, la Caisse de dépôt et Investissement Québec devraient investir dans toutes les entreprises et détenir 100% des actions. Ils peuvent intervenir dans des domaines stratégiques pour notre sécurité nationale comme dans le pharmaceutique, l’alimentation et, bien sûr, dans tous les services publics. Dans les entreprises, ils peuvent se contenter de détenir suffisamment d’actions pour être en mesure de bloquer toute offre hostile comme cela a été fait en 2005 lorsque l’américaine Pepsi a voulu acheter la française multinationale de l’alimentation Danone : «Jacques Chirac se porte à la rescousse (en bloquant l’offre hostile) de Danone» (Le Devoir, 22 juillet 2005). Et pourtant, monsieur Chirac dirigeait en France un gouvernement de droite!

 

Ce n’est pas de hier qu’en Europe les gouvernements interviennent. Remontons à 2001, si vous me le permettez : «L’Europe ne s’ouvre pas aux OPA (offres publiques d’achat)» (La Presse, 5 mai 2001). Mais le Québec est ouvert depuis longtemps : «Réélection de George Bush. Jean Charest annonce que le Québec est ouvert aux affaires» (La Presse, 5 novembre 2004). On appelle ça de l’asservissement volontaire.

 

Même les States sont fermés aux affaires

Essayez donc de faire une offre d’achat sur Exxon, Merck, Kraft, Pfizer, Conoco, Google et Facebook juste pour voir! Les Américains sont des prédateurs, pas des proies économiques : «Washington encadrera davantage les rachats d’entreprises (par des étrangers)» (Les Affaires, 10 mars 2007). Ici au Québec, c’est différent : «Raymond Bachand (ex-ministre libéral) ne s’inquiète pas de la mainmise étrangère» et «Couillard prône une économie ouverte aux marchés étrangers» (La Presse, 30 novembre 2007 et Le Devoir, 5 février 2016). La morale de l’histoire est qu’il serait plus facile d’acheter des produits locaux si la majorité de nos entreprises agroalimentaires n’avaient pas été vendues à des étrangers avec la bénédiction de nos valeureux élus, qui nous disent maintenant d’acheter québécois. Aux États-Unis et en Europe, les consommateurs peuvent acheter facilement des produits locaux mais pas ici.

Le délire chinois au Journal de Montréal

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L’hégémonie américaine tire à sa fin et ça fait peur à certains

Ce sont les Russes qui sont contents. En raison de ses succès sociaux et économiques fabuleux, l’Occident et les States ont peur de la place importante occupée par la Chine dans le monde et il en est bien ainsi. On a trop vécu, depuis la dernière guerre mondiale, sous l’hégémonie américaine qui ne s’est pas gênée, en mentant évidemment énormément, à envahir militairement des pays et à renverser des gouvernements élus démocratiquement mais qui étaient et sont d’obédience socialistes. En plus, ils refusent de se faire mener par le bout du nez comme le font d’autres pays. États-Unis, Russie, Europe, Chine, Inde, etc. : ainsi il y aura plus d’équilibre politique et économique dans le monde.

 

La Presse libre au combat

Une presse libre qu’ils prétendent vigoureusement, même si elle est détenue par de grandes entreprises, comme Québecor et Amazon, et financée abondamment par l’État. Vous pensez que l’Agence France-Presse, Reuters, Bloomberg, Wall Street Journal, Canadian Press, Québecor média infirmation (QMI) vont en tout temps vous livrer des informations neutres et objectives afin de vous conscientiser correctement? Des médias occidentaux détenus par de grands conglomérats et abreuvés par l’État, c’est le summum de la presse libre où il n’y a aucun biais, aucun préjugé et aucun parti pris. Mais, des médias détenus par l’État, oui. L’État peut les subventionner, mais pas les détenir…

 

Alors afin de bien brainwasher les gens, comme ils l’ont toujours fait, les détenteurs occidentaux du pouvoir réquisitionnent leur milice médiatique, comme le Journal de Montréal, afin de dénigrer la Chine avec des soupçons, des demi-vérités, des sources pas fiables comme celles de l’Agence de sécurité nationale américaine (NSA) et de l’Agence France-Presse, des impressions qu’ils prennent pour des preuves objectives et leurs nombreux spécialistes en expertise, comme des universitaires financés par le privé, qui viennent donner un vernis de pseudo scientifique à leurs élucubrations.

 

Vous trouvez que j’exagère?

En quelques jours, au mois d’avril 2020, le Journal de Montréal et celui de Québec ont sorti leur artillerie lourde afin de vous dire comment la Chine est méchante. Artillerie lourde en nombre… s’entend!

 

Cinq chroniques, blogues et articles sur la Chine, qui en chœur disent tous la même chose. Des accusations fondées sur leurs propres petits préjugés et sur leurs idées reçues. La Chine n’a rien de bon, seulement du mauvais, et elle est très dangereuse pour nous.

 

Richard Martineau lance l’attaque

Dans le Journal de Montréal du 15 avril 2020, monsieur Martineau, qui est partout et tout le temps dans les tribunes médiatiques de Québecor, et qui n’est pas à une exactitude ou à un égarement près, a entamé héroïquement les hostilités avec sa profonde chronique dont le titre ne laisse aucune place à l’équivoque : «Une dictature dangereuse».

 

La profondeur de son argumentation repose sur les dires de l’essayiste française Caroline Fourest et de l’humoriste américain Bill Maher. Pourquoi eux au juste? Très sérieux et très honnête comme démarche. Choisir méticuleusement les «experts» cités ou interviewés est un vieux truc utilisé par nos preux chevaliers de l’information. Ils ne vont retenir que ceux qui pensent de la bonne façon.

 

Plus grave encore que d’instaurer un embargo économique contre la Chine, de lever de gros tarifs douaniers sur leurs produits ou même de poursuivre juridiquement les entreprises chinoises et leurs dirigeants, comme Huawei, qui, croyez-le ou pas, a désobéi aux États-Unis. Malgré l’embargo instauré, Huawei a décidé, comme c’est leur droit, de continuer à transiger avec l’Iran. Mal leur en a pris car la dirigeante chinoise a été arrêtée au Canada, le caniche américain, à la demande express des États-Unis. Le «droit» américain vaut partout dans le monde, qu’on se le dise.

 

Ce qui est nettement pire que tout ça est ce que Richard Martineau a dit qu’il était pour faire, à la dernière ligne de son évangile : «Personnellement, ce n’est pas demain la veille que je vais acheter un produit «Made in China». Le lendemain de cette menace émanant de Richard Martineau, la Bourse de Chine et la valeur du Yuan, leur monnaie, se sont effondrés. Cela vous démontre que terminer une chronique de cette façon ça ne fait pas très sérieux, mais chez Québecor, Richard est un «king».

 

Un record à inscrire dans le livre Guiness

Ne reculant devant rien afin de combattre la vilaine Chine communiste, dans la même journée du 18 avril 2020, le Journal de Montréal, dans sa courageuse croisade menée contre le mal chinois, a publié pas un mais deux textes de l’éminent universitaire en sciences politiques Loïc Tassé. Il faut le faire. Ce 18 avril 2020, il y a eu son opinion publiée dans le Journal intitulée : «L’OMS : un pion de la Chine» et son blogue, dont le titre révélateur fut : «Chine : l’habitude de mentir». C’est pas juste une habitude, c’est un état d’être.

 

Deux textes de l’éminent auteur publiés dans la même journée. Ce qui me fait dire que le jupon ne fait pas que dépasser, il traîne à terre.

 

Monsieur Tassé termine son instructif blogue avec cette petite anecdote futile qui devrait servir à vous convaincre que la Chine c’est le mal incarné : «Les autorités chinoises détestent que les gens utilisent des sources taïwanaises. Il y a plusieurs années (Loïc a bonne mémoire), alors que je remplaçais un professeur invité chinois dans une université du Québec, j’avais découvert avec stupéfaction que ce professeur donnait de très mauvaises notes à des étudiants simplement parce que certains de leurs sources étaient taïwanaises». Terminer un texte de cette façon est inacceptable. On appelle ça une généralisation abusive et ce fait divers subjectif émanant de l’auteur est totalement ridicule. Elles sont où la rigueur et l’objectivité?

 

C’est le même Loïc qui, dans son opinion parue dans le Journal de Montréal, du 8 février 2020 avait dit comme ça : «La véritable force de la Chine en Afrique tient dans sa puissance de corruption». Ce n’est que ça : des accusations qui reposent uniquement sur des préjugés primaires.

 

Et deux autres nouvelles instructives

Dans le Journal de Montréal du 19 avril 2020, il y a eu ce texte de Richard Lantendresse intitulé : «La Chine, l’alpha et l’oméga de la crise». Juste par le titre on sait sur qui repose l’entièreté du problème. Et dans le même ordre d’idées, il y a eu le 17 avril 2020, ce texte qui démontre amplement qu’au Journal la grosse gomme éditorialiste a de la suite et de la cohérence dans les idées : «Il y a une familiarité entre la Chine et l’OMS». Ben plus, les deux ne sont qu’un!

 

L’empire médiatique Québecor s’enlise

Les foleries au Journal de Montréal se sont poursuivies les 25 et 26 avril sous la plume du chevalier Loïc Tassé. Le titre de ces deux chroniques : «La menace mondiale que pose la Chine» et «La désunion européenne. L’empire y étend son influence, notamment en Italie, en expédiant de l’aide d’urgence». Le croisé Tassé se demande tout simplement si l’Occident n’a pas créé un «monstre». Un monstre, rien que ça. Et puis, envoyer en Italie et en Europe afin d’aider les gens qui souffrent, des médecins, comme Cuba l’a fait d’ailleurs, des équipements et des médicaments, alors pour Loïc ce n’est pas de l’entraide ou de la solidarité. Non, il s’agit de la pire propagande et de l’idéologie communiste.

La sécurité des Québécois et le pharmaceutique

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Souveraineté pharmaceutique

En 2014, en fouillant dans mes vieux papiers, j’ai constaté que j’avais rédigé deux longs articles documentés sur la nécessité pour tout peuple de s’assurer et d’avoir un minimum de contrôle national et étatique dans les domaines du pharmaceutique et de l’alimentation. Rien d’original de ma part, car tous les pays développés (France, Allemagne, Chine, États-Unis, Russie, etc.) le font. Ça ne prend pas une 100 watts pour comprendre ça, sauf au Québec et au Canada.

 

Des édiles au service d’une certaine petite minorité

Que voulez-vous, quand vous avez des ministres influents et des premiers ministres qui proviennent du privé et qui vont retourner au privé après leur service politique, pensez-vous que ces gens ont vraiment à cœur l’intérêt collectif? Pour vous faire une idée, vous n’avez qu’à penser à Lucien Bouchard, Jean Charest, Brian Mulroney, Stephen Harper, Pierre-Marc Johnson, Monique Jérôme-Forget, Clément Gignac, Raymond Bachand, Sébastien Proulx, etc. Ils sont rendus où d’après vous? Et qu’ont-ils fait en politique pour que le privé leur ouvre grand les portes et à gros salaire après leur fructueux passage en politique? Et les ministres caquistes actuels dans le domaine économique, soit Éric Girard, Christian Dubé et Pierre Fitzgibbon, vont retourner au privé après leur brève intermède politique. Vous ne pensez tout de même pas qu’ils vont aller travailler pour un organisme communautaire et écologiste? Vous saurez me le dire en temps voulu.

 

Vos élus viennent d’allumer : le virus provoque des pénuries

Vous pouvez continuer à croire béatement que les États-Unis sont, quoiqu’il arrive, nos alliés indéfectibles. Pourtant, en pleine période de pandémie, le camarade Donald Trump ne s’est pas montré très gentil avec ses alliés : «Washington somme que la compagnie américaine 3M cesse l’exportation (au Canada et ailleurs) de masques N95» et aussi «Les États-Unis démentent détourner des masques à l’Allemagne (et aussi à la France et au Canada)» (Le Journal de Montréal, 3 avril 2020 et La Presse, 6 avril 2020). Donald Trump et les services secrets américains (CIA, FBI, NRS, etc.) ne mentent jamais.

 

Justin Trudeau menace les États-Unis (pas si unis que ça)

Justin Trudeau et le gouvernement libéral du Canada pensent naïvement de faire peur aux Américains : «Justin Trudeau sert un avertissement (un autre qui est tombé dans l’oreille d’un sourd) aux États-Unis. La Maison-Blanche ferait un erreur si elle demandait l’arrêt des livraisons des masques N95 au Canada» (Le Devoir, 4 avril 2020). Si au Québec et au Canada nous avions un minimum de dignité, on arrêterait de quémander et de se mettre continuellement à genoux devant nos voisins du sud et on mettrait un frein à leur contrôle juridique sur nos entreprises dans les domaines pharmaceutique, alimentaire et militaire.

 

Des gouvernements colonisés

Vous rêvez en couleurs si vous pensez qu’un jour le Québec s’affirmera avec un minimum de souveraineté économique, surtout quand vous entendez de telles énormités de la part de vos élus : «Couillard prône une économie (encore plus) ouverte aux marchés (c’est-à-dire aux investisseurs) étrangers», «Nous ne construirons pas un mur autour du Québec, dit Couillard», et la meilleure en termes d’avilissement vient de madame Anglade, qui aspire à devenir notre première ministre : «Vente de Rona. Une transaction bénéfique pour le Québec, selon la ministre Anglade» (Le Devoir, 5 février 2016, La Presse, 4 février 2016 et Agence QMI, 3 février 2016). Une dernière à cet effet et elle est l’œuvre de l’ex-ministre libéral des finances, Raymond Bachand, devenu, comme d’autres d’ailleurs, lobbyiste : «Bachand ne s’inquiète pas de la mainmise étrangère» (La Presse, 30 novembre 2007). Les politiciens allemands réagissent différemment, comme ceux de beaucoup d’autres pays, que nos élus soumis et vendus : «L’Allemagne envisage un fonds public (c’est-à-dire étatique) contre les OPA (offres d’achat hostiles qui mettent en péril la souveraineté du pays» (Le Devoir, 6 février 2019). Qu’une firme étrangère essaie, juste pour voir, de faire une offre d’achat sur les pharmaceutiques américaines Merck, Pfizer, General Foods ou Kellog’s. Les Américains sont acheteurs, mais jamais ils ne laisseraient passer à des mains étrangères leurs fleurons dans des domaines aussi névralgiques que le pharmaceutique, le pétrole et l’alimentation, comme d’ailleurs d’autres pays. Et ils font bien. Mais pas le Canada et le Québec, dont les entreprises dans ces trois secteurs d’activités sont détenues majoritairement par des étrangers.

 

Pénurie en permanence de médicaments

«Après la pénurie de masques, les médicaments» et aussi «Pénurie mondiale d’équipements médicaux : c’est la loi de la jungle (traités de libre-échange ou pas)» (Le Journal de Montréal, 11 avril 2020 et 3 avril 2020). Nos représentants politiques font semblant d’être surpris et pris de court par la pénurie de médicaments en cette période de crise du coronavirus alors que c’est à l’année longue et à chaque année qu’au Québec et au Canada il y a pénurie de médicaments pour traiter les cancers, les problèmes cardiaques, etc. : «Pénurie d’un médicament pour lutter contre le cancer» et aussi «Pénurie d’un médicament crucial pour soigner la tuberculose», et enfin «Pénurie de médicaments contre l’épilepsie… et contre la syphillis» (Le Journal de Montréal, 5 avril 2018, 15 juillet 2019, 23 juin 2016 et Le Devoir, 4 mai 2016). Ces articles datent des années 2016, 2018 et 2019, alors qu’il n’y avait pas de coronavirus. Pouvez-vous m’expliquer?

 

Et nos élus font les hypocrites

Et nos élus, comme l’ex-ministre de la santé, le radieux Yves Bolduc, qui s’écrient, en 2011, pour la galerie : «Ruptures de médicaments. Le ministre Bolduc se dit préoccupé» (La Presse, 10 août 2011). Préoccupé mais il ne fera absolument rien pour essayer de régler ce problème récurrent. Les libéraux ont vargé ailleurs dans le domaine de la santé.

 

Voilà ce qui arrive quand un pays laisse le contrôle de domaines absolument cruciaux pour sa souveraineté à des pays et à des transnationales étrangères, plus grosses que le Canada, et souvent des monopoles privés, comme dans le cas des médicaments. Ils ne savent donc pas que ces pénuries sont artificielles et provoquées pour faire exploser les prix. Pour ces firmes, le profit importe plus que la vie.

 

Des pharmaceutiques financées par des fonds publics et vendus à des étrangers : de la servitude volontaire

Nos élus sont, à plusieurs égards, sont des dangers publics comme quand ils inondent de fonds publics des jeunes pharmaceutiques au Québec sans s’assurer d’obtenir un minimum d’actions afin de bloquer, comme ailleurs, la vente de l’entreprise à des étrangers, surtout dans les domaines stratégiques du pharmaceutique, de l’agro-alimentaire et même de nos terres agricoles. En 2001, une entreprise collective qui a pris naissance dans les laboratoires de l’Institut Armand-Frappier, rattaché à l’Université du Québec, et qui avait mis au point des médicaments vendus dans le monde entier contre le sida et l’hépatite B fut bien évidemment privatisée à des opportunistes, comme Francesco Bellini, et vendue à la pharmaceutique anglaise Shire pour 6 milliards de dollars. Il ne reste plus rien au Québec de ce beau et immense succès public. Encore une fois pour nos élus, l’intérêt particulier d’amis a primé sur l’intérêt collectif. L’idéologie passe avant le gros bon sens et le pragmatisme, dont pourtant ils s’autoproclament.

 

La grande braderie continue

Et puis, au cours des dernières années, il a eu la vente de ces pharmaceutiques québécoises à des étrangers : «Clementia, Technilab, Sabex, MultiChem, Atrium, Celmed, Enobia, Labopharm, Laboratoires Choisy, Prometic, Paladin, Medicago, BioSignal, Diagnocure, Uman Pharma, Gemin X, Confab, Axcan, Anapharm, etc. Peut-on être plus colons que ça? Non. Des milliards de dollars versés en subventions publiques à des «entrepreneurs» qui en ont profité pour bâtir une entreprise pharmaceutique et se dépêcher à la vendre à des étrangers à la première occasion afin de devenir multimillionnaires. Et il ne reste plus rien au Québec.

 

Le cas de la France

En France, quand une firme étrangère a voulu acheter la pharmaceutique Aventis, le gouvernement est intervenu pour empêcher la transaction et a forcé Aventis à fusionner avec la petite pharmaceutique Sanofi : «Création du troisième groupe pharmaceutique mondial.  Aventis dit oui à Sanofi» (Le Journal de Montréal, 26 avril 2004).

 

La seule et logique solution est la création de la société Pharma Québec.

 

Pandémie et hégémonie américaine : l’Europe dit non

Dans cet article récent paru dans Le Devoir du 23 avril 2020 intitulé : «La course mondiale au vaccin s’intensifie», il est écrit ceci noir sur blanc : «La quête effrénée d’un vaccin donne lieu à une lutte sans pitié entre pays (et encore plus entre amis occidentaux). Le gouvernement allemand a ainsi dû intervenir pour stopper in extremis des tentatives, pilotées par la Maison Blanche, de rachat du laboratoire pharmaceutique allemand CureVac. C’est toute l’Europe qui est en train de muscler ses garde-fous face aux projets d’acquisitions stratégiques par des groupes étrangers (comme américains)».