Pandémie : la preuve qu’il faut se libérer de la rapace pharmaceutique

Les transnationales pharmaceutiques occidentales mènent le monde

La pandémie nous permet de constater jusqu’à quel point le Canada et le Québec n’ont aucune véritable indépendance, autonomie et souveraineté tant économique et politique. Allô pays libre! Voilà ce qui arrive quand on élit des politiciens, genre préposés aux commandes du patronat et des riches. Ils ont privatisé, pour faire plaisir et enrichir certains, sans aucun débat public, pour des pinottes, Télésat, Téléglobe, Air Canada, le CN, Pétro-Canada, etc. Et voilà que ces mêmes élus s’aperçoivent maintenant qu’ils n’ont plus aucun pouvoir sur les vols aériens et les trains en régions que le CN et Air Canada, devenus des monopoles privés, ne veulent plus desservir parce que ce n’est pas assez payant, à moins de les subventionner allègrement. La privatisation de Téléglobe et de Télésat a amené la formation de l’oligopole privé Bell-Rogers-Telus-Vidéotron, qui font la pluie et le beau temps avec leurs tarifs stratosphériques. Ah oui, eux aussi rechignent à aller en régions.

Rappel sur l’Institut Armand Frappier de l’Université du Québec

Au Québec, on avait l’Institut Armand Frappier, rattaché à l’Université du Québec, qui fabriquait et vendait des vaccins partout dans le monde. Un succès pharmaceutique collectif mondial grandiose. Mais le parti libéral du Québec, répondant comme toujours à l’appel des lobbyistes, entre autres le ripoux Francesco Bellini, et du patronat, a privatisé ce bien commun qui a été vendu en 2000 à l’anglaise Shire pour 5,9 milliards de dollars : «IAF Biochem Pharma passe sous le contrôle de la britannique Shire» (Le Journal de Montréal, 12 décembre 2000). Malgré les promesses d’usage, Shire, en 2003, a tout fermé au Québec. Il ne reste absolument plus rien : «Shire ferme le labo de IAF Biochem à Laval» (La Presse, 1er août 2003). En ce temps de pandémie, grâce à l’Institut Armand Frappier, on aurait pu fabriquer nous-mêmes les vaccins et entreprendre des recherches sur le virus comme l’a fait Cuba, un pays pourtant moins riche financièrement que nous (mais plus riche en services publics) : «Cuba espère produire 100 millions de doses de son vaccin anti-covid en 2021» (Le Journal de Montréal, 20 janvier 2021).

Ah oui, pour renforcer encore plus le pouvoir des compagnies et du patronat et accroître les inégalités économiques, nos élus, encore une fois en vase très clos, ont signé des traités de libre-échange, ont autorisé les achats et regroupements d’entreprises déjà immenses, ont facilité l’explosion des paradis fiscaux, ont déréglementé les lois du travail et environnementales, ont décloisonné le secteur bancaire, ont baissé généreusement les impôts des sociétés et des nantis tout en augmentant leurs milliards de dollars en subventions, en leur accordant des tarifs d’électricité bonbons, etc. Ah qu’il fait bon vivre libre dans un pays démocratique où tous peuvent jouir de l’égalité des chances face aux services et aux biens publics.

Politiciens à genoux devant Pfizer et Moderna

Vraiment humiliant de voir les grosses pharmaceutiques occidentales étrangères, comme Pfizer et Moderna, dire à nos élus du Canada et du Québec : «Prenez un numéro et attendez même si vous avez payé le très gros prix». Le Québec et le Canada sont tellement colonisés et soumis qu’ils se sont refusés de faire affaire avec les pharmaceutiques chinoises et russes comme l’ont fait l’Allemagne, la Serbie, le Brésil, l’Égypte, l’Argentine, etc. afin d’obtenir enfin des vaccins à des prix inférieurs. Et Pfizer, qui fait son chantage usuel en réclamant des exonérations d’impôt et le droit de détourner des profits dans les paradis fiscaux sinon pas de vaccin.

L’humiliation érigé en système structurel

Ça fait que l’on peut lire des titres d’articles humiliants qui nous montrent la nécessité de prendre courageusement les moyens voulus pour s’affranchir de la dictature des puissants et mercantilistes pharmaceutiques :

  • «Ottawa (PLC) acquiesce à la demande de Pfizer de compter six doses par flacon (au lieu de cinq afin de faire résonner la caisse enregistreuse)» (Le Devoir, 10 février 2021);
  • «La pression ne cesse de s’accentuer sur le gouvernement fédéral (PLC), après que Pfizer et Moderna ont reporté à plus d’une reprise leurs livraisons de vaccins (ce sont les boss même si cela relève de la santé publique. Ils ont fait la même chose avec les médicaments pour le sida)» (Le Devoir, 6 février 2021);
  • «États-Unis. Aucune dose ne sera exportée avant que chaque Américain y ait accès. Signature d’un décret symbolique de nationalisme vaccinal» (Le Devoir, 9 décembre 2020).

Nommer un employé à titre d’officier en chef des valeurs corporatives

La solution pour une professeure universitaire commanditée, Lea Katsanis : «Les pharmaceutiques pourraient se doter d’un gardien des valeurs employé par la pharmaceutique» (Le Devoir, 30 mars 2016). De la vraie complaisance du journal Le Devoir d’avoir mis en page frontispice ce publi-reportage que l’on nous a présenté comme un article de fond. Allô rigueur et indépendance journalistiques.

Les pharmaceutiques les plus subventionnées sont au Québec

Oui, le Québec affranchi et asservi a toujours inondé de subventions les grosses pharmaceutiques (toutes étrangères car le Canada n’en compte aucune contrairement à la Suisse, à Israël, à Cuba, à la Suède, etc.) afin de les supplier d’ouvrir un petit laboratoire et une petite usine au Québec et leur a permis de charger plus cher qu’ailleurs au Canada le prix de leurs médicaments : «Les Québécois paient 30% trop cher (gracieuseté de la complicité de nos élus)» (Le Journal de Montréal, 9 avril 2014). Au diable la hausse des coûts de notre système de santé public. Le PQ et le PLQ ont toujours trouvé des endroits et des services où couper abondamment, à part dans le salaire des médecins, bien évidemment. Et si le gouvernement refuse de payer : «Médicaments : les ruptures de stock se multiplient».

Silence, on ferme la shop

Même subventionnées, les pharmaceutiques cupides ont fermé tous leurs laboratoires au Québec au fil des ans : AstraZeneca et Bristol Myers en 2007; Johnson & Johnson en 2010, GlxoSmithKline et Sanofi-Aventis en 2012 et Merck en 2010 : «Merck ferme son laboratoire montréalais» et «Merck au Canada. De la recherche… sans laboratoire» (Le Devoir, 9 juillet et La Presse, 10 novembre 2010).

Siphonner encore plus avec l’aide de vos élus

Le titre de l’article de La Presse du 10 novembre 2010 était : «Merck au Canada. De la recherche… sans laboratoire». Ce qui est encore plus lucratif pour ces pharmaceutiques milliardaires que d’avoir un laboratoire, est de faire exécuter leurs recherches dans des centres de recherche universitaires financés par des fonds publics tout en y injectant quelques dollars et hop, le tour est joué. Même les recherches publiques sont subventionnées par des fonds publics. Mais s’il y a une découverte, elle appartiendra à la pharmaceutique privée qui la fera brevetée, qui la commercialisera et la vendra au gros prix. N’est-ce pas formidable? Et nos élus innocents trouvent ça bon, même si cela nous enlise toujours plus dans les entrailles des grosses pharmaceutiques et nous rend toujours plus dépendants et moins souverains. Les pharmaceutiques vont aussi se payer des professeurs, heureux de l’être, en créant des Chaires de recherche universitaires. Oh que les professeurs sont heureux d’être titulaires de ces Chaires, sorte de partenariat public-privé dans lequel le public assume le gros des coûts et le privé encaisse les profits tout en s’appropriant les découvertes.

Il faut se défaire de la mainmise pharmaceutique

«Les pharmaceutiques boudent le Canada (et le Québec). Les fabricants ont refusé de produire le vaccin ici (comme d’ailleurs tout autre médicament breveté)» (Le Journal de Montréal, 5 février 2021). Ah ben, ce n’est pas compliqué du tout d’amener les pharmaceutiques étrangères à s’installer au Québec même sans subvention. Le lumineux et tonitruant ministre caquiste de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a trouvé l’idée de génie que personne au monde n’avait imaginée avant lui : «Québec (Fitzgibbon et la CAQ) veut attirer les pharmaceutiques avec nos données personnelles de la RAMQ» (Le Devoir, 21 août 2020). À la fois ignorant et innocent. Fitz a même été jusqu’à dire : «Fournir vos données personnelles aux pharmaceutiques, c’est «winner»» (Le Journal de Montréal, 20 août 2020).

Impuissance des gouvernements face à la mafia pharmaceutique

En 2016, la ministre libérale fédérale de la santé se pavane et exige : «Philpott veut des médicaments plus abordables» (Le Devoir, 22 janvier 2016). Puis en 2019 : «Ottawa (PLC) se donne les moyens pour abaisser le prix des médicaments brevetés» (Radio-Canada, 9 août 2019). Impact des nouvelles mesures supposément musclées : «Le coût des nouveaux médicaments explose».

Il faut créer Pharma-Québec

Titre de l’article du Devoir du 14 septembre 2013 : «Doit-on se doter d’un secteur pharmaceutique public?». Oui, et ça urge afin d’assurer notre souveraineté pharmaceutique et de réduire substantiellement les coûts de notre système de santé public. Pour être enfin libre face à la tyrannie pharmaceutique. 

Les États-Unis ont la liberté et le devoir de tuer

Mettons ça au clair tout de suite : «God save America»

Oui, tirons ça au clair immédiatement afin qu’il n’y ait pas de quiproquo. Et par la même occasion, entendons-nous pour affirmer le droit inaliénable des USA de tuer qui que ce soit, et où que ce soit, pour le bien de l’humanité. Pourquoi en est-il ainsi que vous me demandez? Pour la simple et bonne raison que Dieu est du côté des Américains et des riches. C’est le sénateur républicain et ex-candidat à la présidence des States qui l’a dit : «Dieu a créé les États-Unis pour qu’ils dominent (en ayant carte blanche pour y parvenir) le monde» (La Presse, 8 octobre 2011). Et bonne nouvelle pour les loyalistes de l’Oncle Sam, le nouveau président démocrate Joe Biden sera fidèle à la volonté de Dieu : «Biden et son équipe de sécurité nationale (c’est-à-dire l’armée) entendent «mener» le monde» (Radio-Canada, 24 novembre 2020). En termes d’hégémonie et d’impérialisme, les démocrates, de façon plus hypocrite, et les républicains, c’est du pareil au même. Bravo, car ce sont les Américains qui, encore une fois, vont nous sauver tous en tenant au loin, militairement et économiquement, les Russes, les Chinois, les Iraniens et même ces irréductibles communistes cubains. Il faut remercier l’Oncle Sam de veiller sur nous.

Dieu veut que vous soyez pauvre

Autre chose qu’il vous faudra réaliser si vous êtes de bonne «foi» et pas jaloux. La richesse stratosphérique du 1% est tout simplement un phénomène naturel. Une loi naturelle voulue par Dieu qui va toutefois s’assurer que la richesse des riches ruisselle et dégouline un peu sur les prolos et les queux : «Dieu veut que vous soyez riche». Excellent et très instructif article rédigé par mon ami Richard Johnson, journaliste retraité du Journal de Montréal et publié le 30 mai 2005. Et remarquez que depuis 2005 Dieu s’est arrangé pour que les riches soient encore plus riches, même en pleine période de pandémie. Et par simple déduction cartésienne, si Dieu a voulu que vous soyez riches, disons qu’il a aussi voulu, par ricochet, que d’autres soient pauvres. Alors la plèbe doit accepter sans rechigner sa situation de misérable si elle ne veut pas désobéir à la volonté de Dieu. Voilà pourquoi Dieu est capitaliste et qu’il ne peut blairer les communistes qui veulent s’en prendre sans vergogne aux riches en promulguant des politiques athées qui viendront «artificiellement» réduire les écarts de richesse entre le 1% et le 99% et qui veulent assurer l’égalité des chances à tous. Si on fait ça, on va malheureusement éliminer la charité privée et les populaires guignolées annuelles des médias, celle du bon docteur Julien et aussi les majestueux bals de la pauvreté organisés par nos riches philanthropes et débonnaires. Le capitalisme a ses lois naturelles, pas le socialisme. Oui la charité privée est un geste naturel afin que la richesse des riches suinte sur les prolos et qui doit être massivement déductible d’impôts. Il ne faut tout de même pas ambitionner sur le mécénat des richards.

Permis de tuer partout

Le permis de tuer partout qui que ce soit revient bien évidemment seulement aux Américains et à leurs amis sincères comme Israël et l’Arabie saoudite. Vous voulez un exemple probant et concret? Le 3 janvier 2020, en Irak occupé et contrôlé par les States, Donald Trump a ordonné de tuer le général iranien Qassem Soleimani : «Irak. Un puissant général iranien tué par les Américains» (Le Journal de Montréal, 3 janvier 2020). Pour ce meurtre ignoble exécuté en Irak (on se moque ainsi de la souveraineté de ce pays), les autres pays occidentaux n’ont émis aucun commentaire négatif envers leur allié yankee (encore moins son valet le Canada) et n’ont promulgué aucune sanction ou embargo. Si ça avait été les Russes ou les Chinois qui avaient effectué ce meurtre gratuit et crapuleux, alors les sanctions auraient déferlé sur eux et nos médias locaux et internationaux, comme aussi nos amis chroniqueurs Martineau et Tassé au Journal de Montréal, et François Brosseau au Devoir, se seraient joyeusement défoulé sur ces pays socialistes pestiférés.

De quoi se mêle l’ONU?

Ah non, pas encore l’Organisation des nations unies (ONU) qui vient s’en prendre à la main visible de Dieu et de son envoyé américain en qualifiant «illégal» l’assassinat par les Yankees de l’iranien Qassem Soleimani en Irak : «Iran. Washington fustige un rapport (réprobateur et malveillant) de l’ONU» (Le Devoir, 9 juin 2020). De toute façon, les States en ont rien à cirer de l’ONU, de la Cour pénale internationale (dont ils ne sont pas membres), de la justice internationale et même de ses alliés occidentaux très et trop soumis.

Trump est un digne représentant de Dieu

En 2007, en Irak, afin de s’amuser un peu, quatre mercenaires américains de la firme Blackwater tuent comme ça, pour passer le temps et se changer les idées, 17 civils irakiens en plein cœur de la capitale Bagdad. Avant de porter un jugement sévère sur ses quatre «patriotes» yankees, sachez qu’ils n’ont pas tué des civils européens mais seulement des «arabes». Et voilà que des juges dingues aux States condamnent ces quatre criminels à de lourdes peines de prison. Envoyer ces pieux loyalistes de l’État américain, pour si peu dans les faits, est tellement injuste et cruel.

Voilà le preux chevalier de Dieu, quoiqu’en dise le pape François (un autre socialiste), Donald Trump est venu corriger cette grave injustice. Au mois de décembre 2020, il a gracié ces quatre héros américains : «Trump gracie 15 individus (tous des criminels) impliqués dans deux scandales (dont celui des 4 croisés yankees)» (Le Journal de Montréal, 23 décembre 2020). Mitt Romney l’a dit, de même que Sarah Palin, une autre illuminée : «Dieu a créé les États-Unis pour qu’ils dominent (et gèrent) le monde». Donc, tout ce que font les States, est accompli au nom de Dieu.

Les amis des states ont sa bénédiction

Il est bien évident que les amis des States, surtout Israël, peuvent aussi tuer n’importe qui, n’importe où, comme assassiner en toute liberté et souvent des Palestiniens qui refusent de céder leur territoire aux Juifs. Les États-Unis et les Israéliens n’aiment pas l’Iran, qui refuse de se soumettre au monde façonné par ces impérialistes. Ben tant pis pour eux, les services secrets israéliens ont été en Iran tuer un haut responsable et dirigeant iranien assassiné» (Le Devoir, 28 novembre 2020). Peu de couverture de cet événement de la part de nos médias corrompus. On en aurait eu plus si ce crime immonde avait été commis par d’autres comme les…

Ah oui, j’oubliais, il y a l’humaniste dictateur et propriétaire de l’Arabie saoudite, le prince Mohammed ben Salmane qui, en 2018, a fait assassiner en Turquie, un saoudien perturbateur et récalcitrant : «Turquie. Le prince héritier saoudien est derrière le meurtre de Khashogi selon la CIA» (Le Devoir, 17 novembre 2018). Et pour l’ONU : «Un meurtre planifié et perpétré par des représentants de l’État saoudien» (Le Journal de Montréal, 7 février 2019). ONU, CIA mon œil qu’a dit Donald : «Le prince saoudien ne savait rien, relaie Trump» (Le Devoir, 17 octobre 2019). Meurtre ignoble ou pas, c’est «business as usual» et le Canada, les États-Unis et l’Europe continuent de vendre des armes à leur allié de l’Arabie saoudite. Et pas question de juste penser à imposer des sanctions et des embargos à notre ami. On les réserve pour d’autres. Pas question de contrarier un allié pour si peu encore une fois.

La Cour pénale internationale : c’est non

Depuis sa venue en 2002, les États-Unis se sont opposés à sa création et n’ont jamais été membre de la Cour pénale internationale car ils veulent tuer en toute liberté sans accorder aucun droit de regard à personne. Et encore moins de permettre à quiconque de juger et d’imposer des peines de prison, s’il y a lieu, à des Américains qui se sont adonnés à de la torture et qui ont commis des meurtres : «Les États-Unis déterminés à rester à l’abri de la CPI» (La Presse, 6 juin 2003). Seul Dieu a droit de poser un jugement sur les gestes américains, pas les hommes, surtout ceux qui ne sont pas Américains : «Washington attaque la Cour pénale internationale. Ce tribunal est inefficace, irresponsable et carrément dangereux disent les États-Unis, qui ont toujours refusé d’y adhérer» (Le Devoir, 11 septembre 2018).

Pourquoi les services publics ne seront jamais meilleurs?

https://scfp.ca/privatisation

Ça fait plus de cinquante ans que nos élus parlent et parlent encore d’améliorer les services publics, entre autres la santé et l’éducation. Ils promettent un meilleur système de santé et d’éducation, pas en investissant davantage mais plutôt en coupant généreusement. Ils disent, comme le patronat, que l’on peut faire beaucoup mieux avec moins. Alors ils sabrent allègrement en affirmant que cela n’affectera aucunement les services rendus à la population ordinaire. Les gouvernements péquistes de Lucien Bouchard et de Bernard Landry et les libéraux de Philippe Couillard se sont amusés gaiement à varger dans nos services publics, tout en privatisant certains et à en tarifiant d’autres. Faites une brève revue de presse des cinquante dernières années et vous allez constater que les problèmes qui persistent tout le temps sont toujours les mêmes. Problèmes que l’on pourrait régler s’il y avait un minimum de volonté politique. Mais nos élus, genre représentants de commerce, en ont que très peu pour investir dans nos programmes sociaux. Ils en ont toutefois plus pour baisser les impôts des compagnies et des riches, subventionner davantage le privé, financer les écoles et la santé «privées», privatiser, sous-traiter, déréglementer, polluer, négocier des traités de libre-échange qui donnent plus de liberté et de pouvoir aux compagnies et moins aux États, et qui mettent tous les travailleurs et tous les pays de la terre en compétition pour le plus petit commun dénominateur. On le constate actuellement avec la pandémie où l’on assiste au chantage coutumier des Pfizer et Moderna. Il faut créer un Pharma Québec détenu par la population.

Prenons le cas de la santé publique

Nos élus n’aiment pas les services publics. Il est effrayant d’entendre des ministres traiter notre système de santé publique de «monstrueux» : «Raymond Bachand. Dompter le monstre de la santé. Seule une réforme du système (comme couper encore) permettra d’atteindre l’équilibre budgétaire (c’est-à-dire le déficit zéro) qu’a dit l’ex-ministre libéral (l’important c’est d’équilibrer le budget quitte à faire souffrir et mourir du monde ordinaire» (La Presse, 26 mai 2014). La même année, en 2014, François Legault en rajoutait en s’exclamant : «Le monstre doit être rendu plus efficace. François Legault promet de s’attaquer à la bureaucratie du système de santé» (Le Devoir, 14 mars 2014). S’attaquer à la pseudo-bureaucratie dans le sens de réduire les services à la population plutôt que de s’attaquer courageusement à la cause véritable de l’augmentation des dépenses en santé, soit le salaire des médecins et le prix des médicaments. Pendant que nos élus vargeaient dans les services de la population, la rémunération des docteurs et le prix des médicaments ont continué à exploser. S’attaquer à la racine du problème est impensable à nos politiciens qui sont en service politique et qui veulent plus tard «mériter» une belle grosse job dans le privé, comme l’ont fait les Bouchard, Chevrette, Gignac, Charest, Mulroney, Harper, Bachand, Coiteux, etc.

Agir de la sorte est tout simplement criminel

Nos élus sont prêts à tout afin de répondre à l’appel de la minorité extraordinaire : couper dans un premier temps, puis réduire les services, privatiser ensuite et tarifer ce qui reste. Il faut être culotté, et Gaétan Barrette l’était, pour venir nous dire ceci : «Des coupes agressives pour garantir la survie du système de santé, dit Barrette» (Le Devoir, 26 juin 2014). Tout à fait incroyable d’entendre un ministre nous dire que ce n’est pas en investissant que l’on va améliorer les services publics mais en coupant. Et au nom de l’ordre du jour fixé par le patronat et les potentats, il faut couper afin d’assurer le peu de services qui restent. Vraiment surréaliste d’entendre de telles inepties et surtout de les accepter.

Et après avoir coupé dans les services en santé publique, il faut en faire davantage avant de passer à la phase finale de la privatisation. Il faut réduire le nombre de services offerts à la population comme l’a fait le PLQ et le matamore Barrette : «un débat sur le panier de services s’impose, dit Gaétan Barrette» (Le Devoir, 13 novembre 2015). Baisses d’impôts à répétition des richards et des compagnies riment évidemment et naturellement avec moins de services publics. Ça ne prend pas une lumière pour comprendre ça.

Idem pour le parti québécois

Mesures d’austérité pour les libéraux afin d’atteindre le déficit zéro et virage ambulatoire pour le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard et de son ministre de la santé d’alors, Jean Rochon, afin de répondre, selon eux, aux préoccupations des firmes de cotation ou de notation, telles Standard and Poors et Moody’s. Pour le PQ aussi c’était le principe de faire plus avec moins. De vrais illusionnistes et mystificateurs : «17 000 postes en moins et un réseau de la santé plus efficace. Selon le bilan (très particulier) du ministre Rochon, le virage ambulatoire aura été rentable (rentable pour qui?)» (La Presse, 26 février 1997). «Rentable» dans quel sens? Et le premier ministre péquiste du temps, nul autre que Lucien Bouchard, de s’exclamer, tout heureux : «Bouchard estime que Jean Rochon (santé) doit finir son œuvre (c’est-à-dire de continuer à couper» (Le Journal de Montréal, 26 août 1998).

Et comme le PLQ l’a suggéré et l’a fait, le PQ l’imite : «Québec (PQ) songe à désassurer certains services en santé» (La Presse, 6 février 2001). Même que la châtelaine Pauline Marois et l’érudit Bernard Landry avaient poussé la note un peu plus afin d’alléger l’ampleur des services publics et de favoriser la privatisation : «Le régime d’assurance-médicaments pourrait être abandonné» (La Presse, 9 novembre 2001).

Ça fait que ça empire

Tant pour l’éducation que la santé publique, à force d’effectuer des virages dits ambulatoires et d’appliquer des mesures dites d’austérité et de rigueur, ça fait que les mêmes problèmes reviennent à chaque année tout en s’amplifiant sans que nos élus lèvent le bout du petit doigt afin d’améliorer le tout. En fait, ils font le contraire.

Il me semble que c’est toujours les mêmes nouvelles décourageantes qui reviennent chaque année depuis environ cinquante ans, comme celles-ci :

  • «Santé Québec. Parmi les pires urgences en Occident (même si c’est le Québec qui a le plus de santé privée au pays et un des plus importants en Occident)» (Le Journal de Montréal, 3 juin 2016);
  • «Tannés (après 24 heures d’attente, quel impatience!), 1000 patients quittent l’urgence sans soins chaque jour» (Le Journal de Montréal, 6 mai 2016);
  • «C’est au Québec qu’on attend le plus pour voir un médecin (seulement 541 jours d’attente et un minuscule 419 jours si c’est urgent)» (Le Journal de Montréal, 11 septembre 2020 et La Presse, 28 juin 2011);
  • Enfin mes deux dernières, pour juste rire de bon cœur : «864 jours d’attente pour un médecin de famille» (Le Journal de Montréal, 11 septembre 2020) et «Québec (la CAQ) veut garantir l’accès à un médecin de famille eu moins de 36 heures» (Le Devoir, 12 septembre 2020). On te croit, menteur.

Des services publics déficients à tout jamais

Oui, le système de santé, d’éducation et de garderies public sera toujours sous-financé et déficient pour la simple et bonne raison que le patronat et le gratin n’en veulent pas de services publics car ils ne les utilisent pas. Ils préfèrent leurs services privés qui n’ont de privé que le nom, étant massivement subventionnés : «Des programmes sociaux trop généreux, selon le patronat» et «Dépenses publiques. Le Conseil du patronat espère que Québec ne deviendra pas un bar ouvert» (Le Devoir, 17 février 2014 et 22 décembre 2008). D’ailleurs, avez-vous déjà entendu un plaidoyer de leur part prônant de meilleurs services publics largement financés? Non, jamais. Ils parlent plutôt de la nécessité, pour leur avantage à eux seuls, de privatiser la santé, les garderies, les écoles, tout en étant comme le REM dernièrement majoritairement subventionné par des fonds publics. En santé publique, on va toujours couper et continuer à réduire les services à la population sans jamais avoir le courage de s’attaquer au cœur du problème : le salaire des toubibs et le prix des médicaments qui eux vont continuer à exploser. Alors vous allez voir dans les 10, 20 et 20 ans, on va encore parler des mêmes problèmes qui affligent nos services publics.

La valeur humaine d’Irakiens assassinés selon Le Devoir

https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/procedure-de-destitution-de-donald-trump/etats-unis-l-article-a-lire-pour-tout-comprendre-au-deuxieme-proces-en-destitution-de-donald-trump_4280705.html

Grosse nouvelle publiée par Le Devoir

Un très gros article publié le 2 décembre 2020 par Le Devoir, sous le titre suivant, a piqué ma curiosité : «États-Unis. Trump accorde un pardon à Paul Manafort (ancien directeur de sa campagne présidentielle) et au père de son gendre (Charles Krushner, reconnu coupable d’évasion fiscale et de dons de campagne illégaux. Juste ça!) Ces grâces soulignent (entre autres de bien d’autres choses) la détermination du président américain à utiliser le pouvoir de son poste (pour le temps qu’il lui restait) pour venir en aide à ses associés (des criminels reconnus comme tels par la justice américaine)».

Dans l’article du Devoir, on parle beaucoup de Manafort et Kushner et de d’autres crapules graciées par la sécurité nationale, la fripouille Michael Flynn et la racaille George Papadopoulos, un de ses nombreux conseillers. Jusque-là, pas trop de problème.  

À la toute fin, quelques mots seulement sur les 17 Irakiens tués

Là où j’ai eu un sérieux problème avec la teneur de l’article du Devoir, c’est le fait qu’à la toute fin, on ait consacré que quelques mots sur ces autres graciés : le président a également gracié… d’anciens mercenaires (quatre pour être plus précis) pour les meurtres (absolument gratuits) de civils (17 exactement) en Irak (à Bagdad)».

Totalement indécent pour Le Devoir de traiter si brièvement du pardon accordé à quatre ex-mercenaires employés par la firme privée américaine Blackwater (embauchée à gros prix par George W. Bush junior) qui ont tué en 2007, juste pour le plaisir de la chose, 17 civiles irakiens. Des tueurs professionnels que certains appellent de façon vertueuse des «gardes de sécurité». Aie, le pardon accordé à ces quatre assassins, qui ont tué 17 civiles innocents, est en soit un autre geste criminel posé par Donald Trump. Après, faites-moi rire avec vos beaux discours sur l’État de droit prévalant supposément dans nos sociétés démocratiques. Des juges que l’on sait biaisés puisque nommés par des politiciens au pouvoir et non par la population.

Bah, après tout, ce ne sont que des Arabes

Il me semble que c’est tellement évident : Le Devoir aurait dû consacrer l’essentiel de son long reportage aux quatre criminels graciés par l’odieux Donald Trump. Eh, oh, même si vous êtes un farouche partisan du blondinet teinturé Donald Trump, avec son ridicule toupet crêpé, vous allez admettre avec moi que le geste posé par ce dernier est à la fois ignoble et monstrueux. Vous allez aussi être d’accord avec moi que le texte du Devoir fait abstraction intégrale de jugement sérieux que l’on se doit de questionner. Après tout, ces 4 criminels n’ont tué que 17 arables irakiens : s’ils avaient assassiné 17 américains ou européens, ça aurait été difficile comme couverture.

 Le Devoir préfère parler du pseudo-révolutionnaire russe Navalny

Bon, Le Devoir en a mangé une. Eux-mêmes vont l’admettre. Au Devoir, on est plus vigilant et plus enclin à joyeusement parler de long en large, depuis plusieurs mois, de Navalny, cet opposant russe (qui possède 3 ONG financées par des locaux et par des étrangers) que le gouvernement russe a supposément essayé d’empoisonner. Ce «révolutionnaire démocratique», selon la presse occidentale subjective, a été, dit-on, soigné en Allemagne et pète maintenant le feu. Tellement qu’il est revenu en Russie.

Trouver le héros pro-occidental à couvrir parmi 145 millions d’habitants

La Russie, c’est environ 145 millions d’habitants, et Le Devoir et autres médias locaux et internationaux n’ont de cesse de nous parler abondamment chaque semaine des pérégrinations de ce supposé révolutionnaire pro-démocratie, qui a supposément été empoisonné par des agents secrets russes. Poutine devrait les congédier pour avoir loupé une tâche «médicale» si facile à accomplir.

J’en ai plein mon…

J’en ai ras-le-bol de me voir cuisiner l’esprit depuis plus de 50 ans par nos médias privés locaux, souvent détenus par des milliardaires, et par les organismes d’information internationaux, comme l’Agence France-Presse, Associated Press, Bloomberg, Reuters, etc., propriété aussi de ploutocrates «démocratiques». Des médias corrompus qui sont autant portés sur la propagande que ceux émanant de pays socialistes comme la Russie et la Chine. Ça va faire de toujours me faire accroire, et depuis trop longtemps, que les méchants sont Russes et Chinois, et que les bons sont les Américains et les Européens, même s’ils sont impérialistes et exploiteurs, comme ils l’ont toujours été en Afrique, en Amérique latine, au Moyen-Orient, etc. Ce sont leurs chasses-gradée qu’ils veulent conserver hors de la mainmise chinoise ou russe et qui pour cela peuvent compter sur l’aide enthousiaste de leurs médias d’information qu’ils détiennent et de leurs aimables et dociles journalistes.

Être informé correctement pour être libre : il me semble que c’est un droit

Je ne suis pas le plus pro-russe, pro-américain ou pro-chinois. Je suis juste quelqu’un qui veut légitimement être informé correctement et objectivement par nos médias nationaux et par les organismes d’information internationaux et occidentaux afin d’être bien conscientisé aux grands enjeux mondiaux et ainsi être en mesure de porter un jugement éclairé. C’est ça être libre. Malheureusement, ce n’est pas ce qui se produit avec nos organes d’information nationaux et internationaux qui font continuellement dans la propagande et la désinformation. Ainsi, on ne développe pas un esprit critique, mais des têtes «brainwashées» et full-endoctrinées (dont plusieurs ne savent même pas qu’ils le sont) : c’est ce que veut la classe occidentale dominante qui contrôle les médias afin de s’assurer que le bon message passe. Pour ce faire, il faut bien sélectionner les événements et les pays à couvrir, les organismes, les individus et les experts à consulter, les photos à prendre, etc. L’important est de préserver les privilèges et les vaches sacrées du 1% en intoxiquant la cervelle du 99% qui veut les protéger du socialisme.

Il n’y a rien à faire avec le ministre caquiste Fizgibbon

https://www.lapresse.ca/affaires/2019-09-12/pierre-fitzgibbon-un-ministre-qui-en-mene-large

Avec Fitz, une niaiserie n’attend par l’autre

Voyons la vérité en face. Le ministre caquiste de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, fait peur, lui qui gère des milliards de dollars en fonds publics par le biais de son ministère et d’Investissement Québec sous son autorité. Voilà quelqu’un qui n’arrête pas de dire des conneries qu’il trouve brillantes parce qu’il est fier de sa personne. Ça s’apparente à du narcissisme. Et il est évident que Fitz n’est pas venu en politique pour servir le bien commun mais par opportunisme, pour se faire voir et servir le privé, ses amis, ses affaires personnelles, etc. Le service public, il n’en a rien à faire. Sa dernière ineptie remonte à la mi-janvier 2021 lorsqu’il a affirmé, toujours avec sa manie condescendante, que la vente de nos entreprises québécoises à des étrangers est somme toute une bonne affaire : «Des fois (c’est-à-dire souvent), on a tendance à voir les étrangers (et il y en a beaucoup) arriver ici, prendre des compagnies québécoises et c’est la fin du monde» (Le Journal de Montréal, 22 janvier 2021). C’est le même qui avait dit, sans aucune gêne : «C Series : La vente (dans les vrais faits c’est un don et non une vente) à Airbus a été une très bonne chose (pas juste une bonne chose, mais une «très» bonne chose)» (Le Devoir, 8 novembre 2018). Je vous le redis, ce gars-là est un risque pour la collectivité québécoise. En 2018, lors de la vente de la québécoise Camso à Michelin pour 2 milliards$, le ministre caquiste Bonnardel comme Fitz avait clamé que c’était profitable, pas pour la France, mais pour le Québec. Oh, mama mia.

L’Europe est plus nationaliste

Il me semble qu’avec toutes les grosses entreprises québécoises (dont plusieurs jouissaient d’une participation importante de l’État québécois comme Provigo, Rona, Culinar, Camso, Cambior, Bombardier Transport, Cimenterie McInnis, etc.) vendues au cours des trente dernières années à des étrangers (il faut inclure Hydro-Québec, partiellement cédée à des firmes extérieures par le biais de l’éolien et de plusieurs barrages hydro-électriques), que nos élus adopteraient enfin, comme ailleurs en Occident, une attitude plus nationaliste, surtout que nous sommes davantage sous la domination économique étrangère que plein d’autres pays. Eh bien non, libéraux et caquistes continuent de nous coloniser et de nous affranchir aux firmes étrangères qui détiennent de plus en plus d’entreprises québécoises. Après, on fait semblant de viser la souveraineté alimentaire du Québec, sans avoir un minimum de souveraineté économique.

Ça fait longtemps qu’en Allemagne, en France, en Suisse, en Grande-Bretagne, etc., les gouvernements votent des lois afin d’empêcher, voire même d’interdire, la vente d’entreprises nationales à des étrangers comme le montre cet article de l’an 2001 : «L’Europe ne s’ouvre pas aux OPA (offres publiques d’achats par des étrangers)» (La Presse, 5 mai 2001). Et que dire du titre de cet article de 2005 citant les cas de Danone (visée par Pepsi), d’Aventis (visée par Novartis) en France et de Nivea en Allemagne (visée par Procter et Gamble) et d’autres comme en Italie où l’État est intervenu énergiquement pour bloquer la vente de leurs joyaux économiques à des étrangers : «Le nationalisme économique, une valeur en hausse (sauf au Québec et au Canada)» (La Presse, 26 juillet 2005). Mais ici, au Québec, le gouvernement et le patronat applaudissent au contrôle étranger de notre économie et traitent de dinosaures ceux qui s’y opposent. Pour ces arrivistes, devenir de plus en plus locataires dans son propre pays relève du modernisme, de la lucidité et du pragmatisme.

Et les States encore plus nationalistes que les autres

Que voyais-je ce 25 janvier 2021 à Radio-Canada? «Biden sur le point de durcir (encore plus que sous le règne de Donald Trump) les règles du «Buy America Act»». Ici au Québec, le PLQ et la CAQ font fabriquer des trains du REM en Inde et cèdent nos données personnelles à Amazon (plutôt que de confier ça à une société d’État), et en bons hypocrites qu’ils sont, ils plaident pour l’achat local. Pas touche aux grandes entreprises américaines, même si les USA sont les plus grands prédateurs économiques du monde : «Présage de nouvelles de Washington» (Le Devoir, 21 janvier 2021). Et le nationalisme américain aussi ne date pas d’hier, comme le démontre le titre de ces deux articles datant de 2006 et 2007 : «Les Américains encore plus protectionnistes» et «Washington encadrera davantage les rachats d’entreprises» (La Presse, 27 juillet 2006 et Les Affaires, 10 mars 2007). Encadrera les ventes d’entreprises américaines à des étrangers comme dans le cas, entre autres, de leurs compagnies aériennes : «Ciel ouvert : les États-Unis font marche arrière» (La Presse, 6 décembre 2006). Pendant ce temps au Québec c’est le buffet à volonté du genre servez-vous vous-même : il y en a pour tout le monde avec nos ministres caquistes et libéraux en charge du menu à offrir : des «waiters» quoi! La servitude et l’aliénation volontaires, c’est ça! «Maîtres chez nous», une utopie.

Depuis toujours, l’ONU, l’OMC, la Banque mondiale et l’OIT proposent le contraire de nos élus asservis

Les organisations internationales sérieuses incitent les États (et encore plus les petits États et ceux en voie de développement) depuis longtemps à intervenir afin de protéger leurs entreprises contre les tentatives d’achats initiées par des étrangers surtout en cette phase de mondialisation et de la multiplication de traités de libre-échange qui donnent davantage de pouvoir et de liberté aux transnationales et moins aux gouvernements locaux, comme l’indique le titre de ces articles que je vous invite à lire :

  • «Contrôle étranger. L’ONU met en garde les nations contre les risques de recolonisation (par des multinationales étrangères)» (La Presse, 4 octobre 2000). Au Québec, toutefois, il n’y a pas de risque de «recolonisation» puisqu’on l’a toujours été;
  • «Pays en développement (et petits pays). Le CNUCED (de l’ONU) vante l’interventionnisme à la chinoise (oui, comme la Chine a fait, avec des résultats extraordinaires)» (Le Devoir, 1er septembre 2006);
  • «Rapport de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et de l’Organisation internationale du travail (OIT). Mondialisation : l’État doit intervenir pour limiter les dégâts (tout le contraire de ce qu’a fait le PLQ de Dominique Anglade avec ses mesures d’austérité)» (Le Devoir, 21 février 2007);
  • «S’affranchir pour mieux s’enrichir (Le Québec fait le contraire pour mieux s’appauvrir). Les pays émergents (et les petits pays) doivent continuer de réduire (le Québec a continué de l’accentuer) leur dépendance aux pays riches (et à leurs transnationales selon la Banque mondiale)» (Le Devoir, 16 janvier 2013). Affranchis et dépendants, c’est tellement bien que l’on en redemande.

Fitzgibbon devrait démissionner : il est une caricature

Pour le plus grand bien de la majorité de la population du Québec, Pierre Fitzgibbon devrait se retirer en douce de la vie politique et retourner brasser des affaires.

Deux fois en quelques mois le monsieur a été critiqué par la commissaire à l’éthique et par son propre premier ministre, François Legault, pour son manque flagrant d’éthique dans le rapport de ses business avec l’État : «Déontologie. Legault pour une sanction contre Fitzgibbon» (Le Devoir, 30 octobre 2020). Lui montrer la porte de sortie aurait été préférable à un simple blâme formulé seulement pour épater la galerie. Et comme toujours : «Fitzgibbon estime n’avoir rien à se reprocher» (Le Devoir, 12 novembre 2020).

Même si la débandade de Ciment McInnis va coûter plus de 500 millions de dollars aux contribuables québécois, Fitz affirme, sans aucun complexe, que : «McInnis a besoin «d’amour»» (Le Journal de Montréal, 10 décembre 2020). Là Fitz commence à m’inquiéter. Voilà une autre bonne platitude émanant de Fitz : «Fournir nos données aux pharmaceutiques (transnationales étrangères), c’est «winner»» (Le Journal de Montréal, 20 août 2020). Monsieur Fitzgibbon, comment ça va? Sentez-vous le besoin de vous confier?

Contrôle étranger : Arriérés depuis longtemps, mais heureux

Le PLQ au service de l’intérêt privé depuis longtemps

Ces dernières années, les étrangers ont acheté des entreprises québécoises en grand nombre, que ce soit Alcan, Cambior, Camso, Rona, Sico, Provigo, Saint-Hubert, Culinar, Uniprix, Institut Armand Frappier (IAF0Biochem Pharma), Axcan Pharma, etc. À chaque fois, nos politiciens québécois commandités et nos chambres de commerce ont applaudi  à cette forme de colonisation qui nous appauvrit collectivement mais qui enrichit certains.

Contrairement aux autres pays, notamment les États-Unis, nos gouvernements se font les apôtres de la colonisation volontaire depuis longtemps. Ainsi, en 2007, l’ex-ministre libéral des Finances, Raymond Bachand, invitait les étrangers à acquérir encore plus d’entreprises québécoises : «Bachand ne s’inquiète pas de la mainmise étrangère» (La Presse, 30 novembre 2007). Bel état d’esprit et attitude positive de Bachand qui lui ont permis, après son retrait en politique, d’obtenir de belles grosses jobs dans le privé de Bombardier, à la Banque Nationale et d’autres. Voilà pourquoi des élus comme lui ont toujours plus à cœur l’intérêt de l’élite, qui en plus finance leur formation politique, à l’intérêt public et du bien commun. Même que dans le développement de la filière éolienne, nos politiciens ont préféré donner ce klondike à des étrangers, comme Électricité de France (EDF), société d’État à hauteur de plus de 85% (plutôt qu’à notre propre société à propriété collective Hydro-Québec) : «La propriété étrangère des parcs éoliens (au Québec)) n’inquiète pas Québec (c’est-à-dire le PLQ)» (Le Journal de Montréal, 28 octobre 2017).

Et Jean Charest, qui lui aussi a eu de beaux emplois dans le privé après son «service» politique, affirmait déjà en 2004, qu’au Québec, c’était «bar open» pour les étrangers : «Réélection de George Bush (qui a plu au PLQ). Jean Charest annonce que le Québec est ouvert aux affaires» (La Presse, 5 novembre 2004). À ce niveau, on ne pourra jamais accuser Charest et les libéraux de ne pas avoir tenu promesse. Comme deux frères siamois au plan idéologique, Philippe Couillard en remet en 2o16 en s’exclamant ainsi : «Couillard prône une économie ouverte aux marchés étrangers» (Le Devoir, 5 février 2016). Doté d’une grande cohérence intellectuelle, en 2014, il affirmait déjà ceci : «Couillard critique l’intervention de l’État dans l’économie (sauf quand vient l temps d’abreuver de subventions publiques le privé)» (Le Devoir, 7 mars 2014).

Prenons le cas de Rona

Dans aucun endroit en Occident les élus auraient réagi de façon aussi pathétique que les nôtres lors de la vente en 2016 de Rona à l’américaine Lowe’s pour environ 2,3 milliards$. Ainsi, la nouvelle cheffe du PLQ qui aspire à devenir première ministre, Dominique Anglade, a dit niaiseusement que : «Vente de Rona. Une transaction bénéfique pour le Québec, selon la ministre Anglade» (Agence QMI, 3 février 3016). Plus colonisée que ça, tu meurs! Et puis, Philippe de larguer ces deux perles d’une légère insignifiance : «La vente de Rona, signe d’une économie ouverte selon Couillard» et aussi «Rona. Nous ne construirons par un mur (comme Trump le fait) autour du Québec, dit Couillard» (Radio-Canada et La Presse, 4 février 2016). C’est effrayant de prononcer de telles inepties. Et le gros canon de la CAQ, actuel ministre de la Santé et ancien cadre à la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui a renchéri en affirmant que : «La vente de Rona était justifiée (pour qui au juste?), dit Christian Dubé» (Le Journal de Montréal, 7 septembre 2018). Est-ce structurel et systémique pour nos gouvernements d’être aussi pitoyables?

Des opportunistes à la Caisse plutôt que de véritables commis d’État

La Caisse de dépôt est un instrument collectif qui est censé être un outil de développement et de souveraineté économiques au Québec. Alors pourquoi a-t-on nommé à la direction de ce bien public des affairistes comme Henri-Paul Rousseau qui a quitté la Caisse pour se joindre à Power Corp.; à Michel Sabia, un ex-président de Bell Canada et dernièrement Charles Émond, un ancien de la Banque Scotia, qui nous a garroché cette énormité : «Les paradis fiscaux sont simplement utilisés comme terrains neutres pour structurer des transactions financières internationales» (Le Journal de Montréal, 21 février 2020). Ben non, les paradis fiscaux n’ont absolument rien à voir avec l’évasion fiscale pratiquée par les gros bonnets. Le monsieur nous prend pour des cruches.

En parfaite lignée avec le parti libéral du Québec (PLQ) et le patronat, le président d’alors de la Caisse de dépôt, Henri-Paul Rousseau a affirmé en 2008 cette grosse connerie sans que le gouvernement du PLQ le rabroue : «La Caisse n’empêchera pas les prises de contrôle étrangères» (Le Devoir, 24 avril 2008). Vous voyez bien que l’on est aliéné depuis longtemps? Le Québec. À titre de société distincte sans le sens qu’il est le seul pays occidental à nourri sa dépossession, pas du tout tranquille mais plutôt «express». Ket collectivement, on se laisse dire de telles grossièretés. Le «smatte» à Henri-Paul Rousseau d’en rajouter une couche en 2007 en s’exclamant : «Incontournable. Henri-Paul Rousseau fait l’éloge de la mondialisation et n’est pas inquiété  par la vente d’Alcan» (Le Journal de Montréal, 9 mai 2007). Peut-être que lui trouve ça merveilleux mais : «Mondialisation. Les Occidentaux de plus en plus contre» (Le Journal de Montréal, 23 juillet 2007). Les populations sont contre mais les compagnies sont pou7r. Donc cela fait que les politiciens et les experts en service sont pour.

«incontournable» que nous disait le bonze de la Caisse de dépôt alors que la Banque CIBC affirmait être plutôt le contraire : «Selon les économistes de la CIBC. La mondialisation est réversible» (Le Journal de Montréal, 28 mai 2008). La mondialisation heureuse, selon le lucide Rousseau, mais pas si heureuse pour l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) et l’Organisation internationale du travail (OIT) : Mondialisation : l’État doit intervenir pour limiter les dégâts (qui perlent sur le monde ordinaire mais qui est providentielle pour le monde extraordinaire)» (Le Devoir, 21 février 2007). Intervention de l’État que le PLQ a toujours vigoureusement combattue. Ce n’est pas avec des dirigeants tels que Rousseau, Sabia et Émond que le Québec retrouvera sa souveraineté économique.

Les universitaires lucides et les chroniqueurs embrigadés

Comme pour le patronat et les élus du PLQ, le contrôle étranger de notre économie a toujours été vu d’un bon œil par l’expert économiste universitaire Pierre Fortin, celui qui a suggéré notamment de privatiser Hydro-Québec; l’impôt zéro pour les compagnies; de ne surtout pas augmenter le salaire minimum à 15$ de l’heure; de tarifier tous les services publics et autres belles choses du genre. Voilà pourquoi les médias, le patronat et les élus l’aiment tant : «La vente de fleurons de Québec inc. N’inquiète pas (Pierre Fortin(» (Les Affaires, 20 septembre 2003). Encore aujourd’hui, le lucide auto-proclamé ne s’émeut guère de la vente de compagnies québécoises à des étrangers. Monsieur est toujours serein contrairement à la population qui,  en 2001 : «Les Québécois veulent que le gouvernement freine les acquisitions  étrangères» (Les Affaires, 21 avriul 2011). Réaction toujours hautaine de Pierre Fortin? La plèbe a intérêt à se calmer le pompon. La démocratie a ses limites, comme l’a dit Philipppe Couillard en 2013 : «Non, la majorité n’a pas toujours raison. Le courage politique consiste à affirmer et à maintenir des positions différentes si elles s’appuient sur des principes profonds (comme du moins d’État et plus de privé, de l’austérité, de la tarification des services publics, etc.) ( La Presse, 12 janvier 2013). Les principes profonds du PLQ… faites-moi rire car je suis ricaneur.

Bah, pour l’ex-chroniqueur de La Presse, Claude Picher, le contrôle étranger de nos entreprises est un mirage et une illusion qu’il nous a dit en 2001 : «Le mythe du contrôle étranger». Claude dit encore la même chose aujourd’hui. Aie, c’est une homme d’affaires connu, Serge Godin, qui vient alerter nos élus : «Le président de CGI s’inquiète que tant d’entreprises passent aux mains d’étrangers» (La Presse, 5 décembre 2001). Ça c’est en 2001 qu’il a fait part de ses craintes. Depuis 2001, la vente de nos fleurons économiques s’est amplifiée. Dans mon prochain texte, nous verrons ce que font, à cet effet, d’autres pays comme les États-Unis, et ce que recommandent les organismes internationaux.

Médias : cours d’autodéfense idéologique

https://www.france24.com/fr/20140521-blogueuse-yoani-sanchez-cuba-premier-quotidien-independant

On est tous journalistes

Vous vous épanchez régulièrement sur internet pour exprimer vos opinons, critiques, points de vue à vos amis, parents, connaissances, étrangers et autres? Vous ne le savez peut-être pas, mais la presse occidentale (Journal de Montréal, Agence France-Presse, Bloomberg, Associated Press, etc.) vous considère comme un journaliste en bonne et due forme. Oui, le fait de vous défouler sur les réseaux sociaux fait de vous un journaliste, encore plus si vous habitez un pays pas capitaliste, donc pas démocratique selon nos médias.

Vous critiquez sur internet le gouvernement et sa gestion de la pandémie? Hop, vous faites du journalisme. Vous pouvez même le mettre sur votre c.v. Pas besoin de travailler pour Le Devoir ou Le Monde pour être affublé du titre de «reporter». Et si vous faites une recherche sur les pays les plus peuplés du monde, alors là vous devenez, par la force des choses, un journaliste d’enquête. N’est-ce pas beau tout ça?

Prenons l’exemple de la Chine

La Chine est le pays le plus peuplé du monde avec ses 1,5 milliards d’habitants. Comme c’est un pays socialiste, les médias occidentaux nous disent que ces 1,5 milliards de personnes vivant en Chine n’ont pas de liberté (de parole et de pensée), qu’elles sont opprimées, oppressées et surveillées en permanence, etc., comme c’est le cas en Russie et à Cuba. L’enfer quoi!

Alors la multinationale médiatique occidentale qu’est l’Agence France-Presse, toujours à la recherche de la vérité et toujours un modèle d’objectivité, a réussi à trouver, parmi ces 1,5 milliards d’individus, une personne du nom de Zhang Zhan, une adepte des réseaux sociaux qui a la particularité de toujours critiquer le système «totalitaire» chinois et de tout le temps plaider pour plus de démocratie capitaliste menée par les ploutocrates. Alors, il est donc tout à fait normal que l’Agence France-Presse et nos médias d’ici l’aiment et fassent d’elle – imaginez la «joke» pathétique – une «journaliste citoyenne». Voilà pourquoi je dis qu’on est tous journalistes, mais «citoyens». Quel joli nom. Journaliste citoyen, c’est en plus vertueux.

Et naturellement, elle devient vite la chouchou de nos médias qui n’en manquent jamais une afin de varloper démagogiquement tout ce qui est socialiste. Nos journalistes répondent alors à la commande de leurs patrons qui eux, à leur tour, obéissent aux ordres de leurs propriétaires de gros médias détenus par les Bezos, Bloomberg, Murdoch, Péladeau et cie. Madame Zhan a donc droit à beaucoup de couverture médiatique, comme ce très long article paru dans Le Journal de Montréal du 27 décembre 2020 avec comme titre : «Covid 19 : une journaliste (sic) chinoise condamnée à 4 ans de prison après ses reportages (des opinions plutôt que des reportages rigoureux) à Wuhan». La journaliste «citoyenne», c’est Zhang Zhan. Bien évidemment, l’article ne mentionne pas qui finance ses voyages et son train de vie. Alors quand nos médias parlent de journalistes dits «citoyens», un salutaire doute s’impose car ils essaient de vous endoctriner.

Idem pour Yoani Sanchez à Cuba

Nos médias occidentaux ont affiné leur vocabulaire car en 2010 ils parlaient de «cyberjournalistes» alors qu’aujourd’hui, ils les qualifient de journalistes «citoyens», ce qui fait plus noble. Pendant plusieurs années, nos médias d’information ou de désinformation, comme vous préférez, aimaient beaucoup la cubaine Yoani Sanchez, et lui consacraient souvent des textes et des reportages très élogieux car celle qui affectionnait l’internet pour critiquer continuellement le gouvernement cubain sur tout, était considérée comme un modèle patriotique se battant courageusement pour la liberté, la démocratie et pour que les États-Unis reprennent le contrôle «démocratique» à Cuba comme dans le bon vieux temps de Batista : «Cuba. La dissidente Yoani Sanchez en tournée» (La Presse, 19 février 2013). En tournée, pas à Cuba s’entend, mais dans plus d’une douzaine de pays en Europe et en Amérique. Vous le savez, Cuba, en majeure partie à cause de l’embargo américain, est un pays pauvre, mais riche en services publics. Bizarre mais la militante cubaine «pro-démocratie» vit dans une très belle maison à Cuba et voyage souvent à l’étranger. Nos journalistes de l’AFP n’ont pas cherché à savoir qui la finance. Bah, ce n’est pas très important à savoir. Ça doit être une œuvre de bienfaisance logée aux États-Unis.

Revenons à la chinoise Zhang Zhan

Une chance que le ridicule ne tue pas. Permettez-moi de revenir à la chinoise Zhang Zhan mais elle est à la fois drôle et pathétique. Même notre très sérieux journal Le Devoir n’y échappe pas, tel que l’illustre ce très long article, avec en prime une grosse photo, du 29 décembre 2020, intitulé : «Quatre ans de prison pour une lanceuse d’alerte chinoise». Comme cette blogueuse professionnelle critique vertement le gouvernement chinois en formulant des commentaires subjectifs, Le Devoir a cru bon de lui décerner le titre flatteur de «lanceuse d’alerte» en plus de sa fonction de journaliste «citoyenne».

Un militant versus un terroriste

Pour nos médias locaux et internationaux, des personnes (même milliardaires comme le magnat de presse Jimmy Lai de Hong Kong) qui sont du côté de l’Occident et de ses amis sont toujours considérées comme des «militantes» pro-démocratie, comme à Kong Kong, en Syrie, au Venezuela, en Russie, etc. Par contre, ceux qui se battent pour plus de démocratie et plus de liberté dans des pays proches amis de l’Occident, comme le Yémen, l’Irak, le Myanmar, les Émirats arabes unis, le Bahrein, etc., sont plutôt qualifiés de «rebelles» ou de «terroristes». Vous pigez la différence entre «militant» et «terroriste»? Tout dépend de quels intérêts vous représentez et lesquels vous défendez. Essayez pas de nous faire passer Hong Kong comme un modèle démocratique, c’est trop pour moi. Hong Kong a toujours été un gros paradis fiscal, royaume des combines internationales, du blanchiment d’argent et des banques et où a toujours prévalues d’énormes inégalités économiques. La Chine, avec raison, veut mettre un peu d’ordre là-dedans. Vous rendez vous bien compte de l’énormité? Nous faire accroire que le milliardaire propriétaire de médias d’information à Hong Kong, Jimmy Lai, est un modèle de démocratie et de liberté et nous le faire passer pour un martyr, c’est bien de valeur, mais pour moi c’est le comble de la démagogie de nos médias trop biaisés : «Hong Kong. Le magnat prodémocratie Jimmy Lai en détention provisoire» (Le Devoir, 4 décembre 2020).

Les Russes sont nuls : vous n’avez rien à craindre

«Cyberattaque : Washington accuse (comme toujours) la Russie» (Le Journal de Montréal, 19 décembre 2020). Et l’ancien secrétaire d’État du gouvernement américain, Mike Pompeo, fidèle adepte de Donald Trump, qui a dit, à propos de cette attaque majeure : «C’était une entreprise très importante, patiente et nécessitant beaucoup d’expertise et de ressources financières. Je crois que nous pouvons maintenant dire assez clairement (sans preuve) que ce sont les Russes qui se sont engagés dans cette activité». Toujours à propos de cette autre cyberattaque, le sénateur républicain Mitt Romney, ex-candidat malheureux à la présidence des USA, a affirmé que : «C’est comme si des bombardiers russes avaient survolé notre pays tout entier de façon répétée sans être repérés» (les États-Unis sont toujours victime de cyberattaques, ils n’en font pas aux autres).

Encore de la foutaise. Vous voulez mon opinion franche? Alors pour moi, les Russes sont incapables de faire des choses aussi sophistiqués car ils sont intégralement nuls. Attaques informatiques, vols de découvertes et de technologies, etc., comment vous pouvez honnêtement accuser les Russes et la Russie alors qu’ils ne sont même pas capables d’empoisonner leurs propres citoyens rébarbatifs et récalcitrants, une chose pourtant tellement élémentaire à faire que tout pays sérieux, avec l’aide de ses experts des services secrets, accomplit en criant lapin, comme les Israéliens et les États-Unis qui tuent sans difficulté des Iraniens en Irak et même en Iran.

Les Russes ont essayé, selon les dires de notre presse occidentale, d’empoisonner l’opposant pro-démocratie (encore un) Alexeï Nalvany. Ils ont lamentablement échoué : «Russie. Nalvany visé par une enquête pour fraudes» (Le Devoir, 30 décembre 2020). Qui finance le dissident russe n’est pas très important pour nos médias, même si le monsieur «pro-occidental» a recueilli 7 millions de dollars en dons dans ses propres organisations humanitaires, qui portent toujours le qualificatif doucereux d’ONG. L’important était qu’il vargait sur la Russie pour avoir droit à une immense couverture médiatique en Occident. Et pis, même si le financement provient de milliardaires ou de pays étrangers, ça change quoi?

En 2018, le journaliste «citoyen» russe Arkadi Babtchenko, exilé en Ukraine, est déclaré mort par la presse occidentale tué à l’arme automatique par des espions russes. Mais, comme les Russes sont nuls. Ils ont encore loupé et le militant pro-démocratie russe est apparu bien vivant le lendemain de son assassinat présumé. Ah ces Russes, même pas capables de tuer personne par empoisonnement ou avec un fusil. Ils font vraiment durs.

Tout profite aux riches : crises financière, climatique et pandémique

https://www.finance-investissement.com/nouvelles/economie-et-recherche/le-quebec-champion-des-inegalites-economiques/

Il faut appliquer rigoureusement les lois naturelles du marché

En économie capitaliste et démocratique, car les deux vont supposément de pair que nous disent les experts et les médias, il y a la loi naturelle du marché qui fait que les nantis sont toujours plus pleins. Et personne n’y peut rien car cela découle de lois dites «naturelles», de même que l’accroissement des inégalités économiques. Vouloir réduire les écarts de richesse par des lois humaines coercitives ne fera qu’empirer les inégalités car lesdites lois gouvernementales brimeront alors les lois issues de la nature. Le 1% et les autres est un phénomène tout à fait naturel et même bénéfique que nous disent les spécialistes du merveilleux monde patronal, médiatique et universitaire.

Pandémie ou pas, la loi naturelle suit inexorablement son cours

Le coronavirus a contraint les États et des millions d’individus à s’endetter et à s’appauvrir, mais pas les nantis, tel qu’énoncé dans la bible économique du libéralisme économique : «Coronavirus. Les milliardaires s’enrichissent encore» et «La pandémie, pas un problème pour les milliardaires» (Le Devoir, 10 décembre et le Journal de Montréal, 18 septembre 2020). Au moins, le COVID-19 aura bénéficié à certains, ce qui démontre la valeur des fondements solides des lois naturelles du marché.

Tant qu’aux inégalités économiques, les lois naturelles continuent à faire positivement leur œuvre pour le bien de tous, ou presque : «Coronavirus. Les écarts se creusent en santé financière» (Le Devoir, 14 octobre 2020).

Enrichissement équitable et égalitaire

«Les milliardaires américains s’enrichissent «encore» avec la pandémie» (Le Journal de Montréal, 9 décembre 2020). Je n’aime pas du tout le mot «encore» dans le titre de l’article, ça laisse malicieusement sous-entendre que nos philanthropiques richards devraient arrêter de s’enrichir durant la pandémie. Quelle idée à la fois loufoque et même subversive.

En économie néolibérale, l’application scrupuleuse et consciencieuse des lois naturelles fait que l’enrichissement ne profite pas seulement aux Américains mais à tous les fervents adeptes de ce système économique «démocratique» partout dans le monde, même dans les pays pauvres comme Haïti. Dans ce cas, on parle d’un modèle épreint de justice qui frôle même le socialisme : «Hausse de la valeur du patrimoine des Canadiens les plus fortunés» que nous a dit Yves Giroux, le directeur parlementaire du budget à Ottawa (Le Devoir, 18 juin 2020). N’êtes-vous pas heureux qu’en ce temps de coronavirus nos milliardaires canadiens se sont aussi enrichis (et pas seulement les Américains)? Soyons patriotiques et fiers d’eux. Soyons tellement contents d’être Canadiens. Ne vous inquiétez surtout pas, dans les pays européens fidèles au catéchisme du capitalisme, là aussi les Crésus ont essuyé les bienfaits du petit cochon qui engraisse toujours et toujours.

Il faut aider les riches afin de valider le modèle

Si les riches s’appauvrissaient, ce serait la catastrophe. Voilà pourquoi la classe moyenne, les pauvres, les gouvernements, les universitaires, les journalistes et les experts doivent faire courageusement leur part pour que cela ne se produise pas. Comment? Simplement an vantant avec respect le modèle capitaliste démocratique et en exigeant des mesures d’austérité et de «rigueur» budgétaire qui amènent à couper abondamment et sereinement dans les vaches sacrées des prolos que sont les beaucoup trop nombreux programmes sociaux et en privatisant lucidement nos riches débonnaires, pour vraiment pas cher, nos instruments collectifs comme le CN, Air Canada, Pétro-Canada, Téléglobe, Télésat, Canadair, etc. Il faut faire en sorte d’avoir plus de milliardaires, quitte à créer plus de pauvres. On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs! Lâchez-moi avec vos idées farfelues de jeunesse qui militent pour l’enrichissement collectif et le bien commun. En vieillissant, j’espère que vous êtes devenus plus réalistes et que vous êtes dorénavant des partisans de l’enrichissement privé de quelques-uns et du bien privé. Si c’est ça, je vous dis bravo et je vous félicite.

D’autres mesures de soutien réservées à la crème

L’important est d’avoir nous aussi, au Canada, une saine classe de milliardaires comme il y en a une aux States et ailleurs en Occident. Une simple question de respect de soi et de fierté. Alors, afin d’atteindre notre louable et nécessaire but, il faut, pour créer plus de richesse pour les riches, que la majorité du monde ordinaire mette résolument l’épaule à la roue et verse des milliards de dollars chaque année en subventions à nos nantis en devenir et, il ne faut point les oublier, à ceux qui sont déjà milliardaires. On appelle ça du socialisme pour capitalistes.

Subventionner les gras durs va également de pair avec le besoin de les délivrer de l’oppression fiscale en diminuant leurs taux d’impôts statutaires en multipliant les exemptions afin de faciliter l’évitement fiscal et en stimulant les paradis fiscaux afin de favoriser l’évasion fiscale : «Les revenus du 1% ont augmenté, mais leurs impôts ont diminué» (Journal Métro, 25 septembre 2019). Il faut féliciter à cet effet nos élus qui propagent le mensonge que nous avons au Québec un impôt sur le revenu très progressif et aux journalistes à l’emploi de grosses compagnies privées qui se font les défenseurs de la richesse par ignorance ou par intérêt personnel.

Trump a raison : l’ONU c’est socialiste

«La fin des inégalités, c’est pour 2030» (Le Devoir, 1er février 2020). Ne vous affolez surtout pas. Nos riches ne sont pas menacés de disparaître, bien au contraire. La fin des inégalités, pour aussi vite qu’en 2030 (ça ne fait pas vraiment sérieux) est seulement une ambition, un songe, un souhait ou un vœux exprimé par les experts «communistes» de l’ONU, qui se réalisera si les États appliquent les saines pratiques de développement dit durable. C’est avec ce genre de vœu pieux que nos gouvernements, nos nantis et les organismes internationaux endorment au gaz les gens. Il ne faut pas laisser ces profiteurs et ces smattes vous rire en pleine face. Juste pour vous, une autre bonne nouvelle en ce temps de morosité «coronavirudienne» afin d’égayer vos vies et de fortifier en vous l’espoir d’un monde nouveau mais pas trop : «Les milliardaires détiennent plus d’argent que 60% de l’humanité» (Le Journal de Montréal, 20 janvier 2020). Mais 60%, c’est pas beaucoup. Il faudrait viser le 70% d’ici 10 ans. Êtes-vous d’accord avec cet objectif, qui devrait être «collectif»? Avec un minimum de bonne volonté, on est capable d’arriver ensemble, quitte à organiser une guignolée des médias coopératifs adressée à l’atteinte du 70% de la richesse du monde concentrée dans les mains accueillantes du 1%.

Comme la crise financière de 2008

Tout était censé changer radicalement après la criminelle crise financière mondiale de 2008, occasionnée par la cupidité illimitée de nos banques qui, souvent, se lancent en politique et deviennent dès lors des candidats dits «vedettes» plein de compétences et d’expertise : «Crise financière. Les banques disent avoir appris des leçons» (La Presse, 14 janvier 2020). Appris les leçons pour encore plus nous arnaquer et s’enrichir, s’entend.

Il faut reconnaître aux banques le don de dire sans rire des énormités, comme celle-ci : «Les banques affirment freiner l’évasion et l’évitement fiscaux. Les avoirs canadiens de 300 milliards$ dorment à l’étranger à l’abri de l’impôt» (Le Journal de Montréal, 18 novembre 2015). Encore des vœux pieux pour vous remplir comme une valise : «Le FMI s’attaque aux banques trop importantes pour faire faillite» (Le Devoir, 1er avril 2014). Depuis ces belles paroles apaisantes, formulées par le FMI en 2014, les banques sont devenues beaucoup plus grandes, plus riches et plus puissantes que les États.

Crise financière, manifestation climatique et «Occupy Wall Street»

Dans les vrais faits, après la crise financière de 2008 et en dehors des ridicules mises en scène coutumières, les inégalités de richesse ont explosé; nos gouvernements ont baissé l’impôt des riches et des compagnies; ils ont augmenté considérablement leurs subventions et ont vargé «courageusement» dans nos programmes sociaux. Absolument rien n’a changé, bien au contraire, comme ce fut aussi le cas après les manifestations mondiales du type «Occupy Wall Street» de 2011 et les énormes défilés dans plusieurs pays tenus en 2012 et en 2019 afin de protéger la planète : «Un grand cri du peuple. Une manifestation d’une ampleur sans précédent pour la Journée de la Terre» et «Un rassemblement historique. Une marée humaine de 300 000 à 500 000 personnes a déferlé au centre-ville de Montréal, hier» (Le Devoir, 23 avril 2012 et le Journal de Montréal, 28 septembre 2019). En 2013, ce fut «business as usual» : «Le Dow Jones à un nouveau sommet» et en 2020 ce fut : «Le Dow Jones au-dessus des 30 000 points. Un record» (La Presse, 7 novembre 2013 et Le Devoir, 25 novembre 2020). Pandémie ou pas, crise climatique ou pas, crise financière, corruption et collusion ou pas, tout va continuer comme avant après la fin du COVID-19 : la population sera alors invitée à payer pour renflouer l’État afin de le sauver de la faillite; les inégalités économiques vont continuer à s’agrandir; le marché boursier va atteindre de nouveaux records historiques, les paradis fiscaux vont se multiplier; les impôts des milliardaires et des compagnies vont toujours plus diminuer et leurs subventions augmenter. C’est ça la vie en démocratie capitaliste.

Il quitte le Québec «médiocre» et devient chroniqueur au Journal

https://www.centris.ca/fr/blogue/astuces-et-deco/cours-101-pour-emballer-ses-boites-de-demenagement

C’est l’histoire du gars très à droite et frustré

C’est l’histoire du gars, beaucoup et même très beaucoup à droite, qui devient chroniqueur, au début des années 2000, à La Presse, dirigée à l’époque par le tandem infernal d’André Pratte et d’Alain Dubuc, devenus par la suite respectivement sénateur et l’autre administrateur d’une compagnie de cannabis et professeur aux HEC Montréal. Le monsieur en question est Sylvain Charlebois, un gars très fier de sa personne. La morale de cette captivante histoire est que, dans la vie, quand on est de la grosse droite, tout finit par s’arranger et même très bien, comme ce fut le cas pour Mario Dumont, l’ancien chef de l’Action démocratique du Québec, qui voulait instaurer deux types d’université : une pour l’élite et l’autre pour la masse. Mario Dumont voulait aussi implanter au Québec les bons d’éducation que même George W. Bush junior, pourtant lui aussi très à droite, a rejetés, trouvant cela trop exagéré. Dumont voulait aussi permettre, dans le cadre même de notre système de santé public, je dis bien public, à ceux qui paieraient pour leurs soins, leurs traitements et leurs opérations, de passer avant les gueux aux poches vides. Léo je t’en prie, ne sois pas jaloux : tu n’avais qu’à être de droite dans ton jeune âge.

Le héros en question, l’illustre Sylvain Charlebois

Oui, je suis d’accord avec vous, Sylvain Charlebois est un illustre inconnu. Inconnu ou pas, là n’est pas l’objet de mon texte. Je le répète, et cela devrait vous guider dans l’éducation de vos enfants, l’important dans la vie est d’être à droite. C’est comme ça que vous allez plaire au patronat, à ses médias et à ses partis politiques. Ainsi, vous avez de biens meilleures chances d’être sollicités pour des entrevues et des jobs dans leurs journaux, radios et télés ainsi que d’être recrutés par beaucoup de partis politiques. Ça prend quelqu’un de la grosse droite pour avoir rédigé dans La Presse une opinion régulière intitulée : «Des sommets futiles. Misons sur les entreprises (philanthropiques) plutôt que sur les gouvernements pour éradiquer la famine». Qu’en dites-vous?

Sylvain désabusé et abusé quitte le Québec en 2004

En 2004, Sylvain Charlebois, diplômé de l’Université de Sherbrooke et alors chroniqueur à la grosse Presse de Power Corp., détenu par la puissance et omniprésente famille Desmarais, décide de plier bagages et de quitter le Québec qu’il considère tout à fait «médiocre» et qui est devenu, selon lui, sous l’emprise des gauchistes, une «bouffonerie politique», rien de moins. Grâce à ses entrées à La Presse et à la complaisance du duo André Pratte et Alain Dubuc, Sylvain a publié, le 19 juillet 2004, dans ce quotidien un très long réquisitoire de lamentations afin de cracher son venin sur le Québec, texte qu’il a intitulé : «Pourquoi nous quittons (lui et sa famille) le Québec». Au Québec, nous sommes plus de 8 millions d’individus. Quelle est donc, pour La Presse, un média carrément de désinformation et d’intoxication, l’utilité de publier les récriminations dégueulasses d’un individu quelconque qui décide de partir? Est-ce que cela relève de son biais idéologique qui débouche sur un État très minimal dans lequel tout est marchandisé (même les programmes sociaux) et cédé au privé comme le veut le patronat?

Des propos hystériques et minables tenus par l’exilé

À lire dans son opinion du 19 juillet 2004 parue dans La Presse (que je vous invite à lire, les cheveux vont vous dresser sur la tête), les propos qu’il tient sur le Québec, Sylvain Charlebois devrait être considéré comme un migrant qui aurait droit d’aller dans n’importe quel pays à titre d’exilé politique bafoué dans ses droits et persécuté au Québec. Le monsieur n’y va pas avec le dos de la cuillère pour salir le Québec. Par exemple, sur les syndicats, il a dit ceci : «Au travail, les forces syndicales sont devenues une terreur abusive pour une économie ouverte au monde». Ayoye! Et puis, à quelques reprises, il insiste sur la médiocrité qui règne au Québec, et il ajoute que : «Le Québec est quasiment en faillite idéologique». À l’extérieur du Québec : «il constate que le Québec est devenu une bouffonnerie politique dans le reste du pays». Alors le monsieur se défoule énergiquement sur quelques-uns de nos services publics, comme nos centres de la petite enfance, nos écoles, nos universités, nos routes, nos aqueducs, notre Régie oppressante du logement, notre système de santé publique et, bien évidemment, de nos impôts répressifs qui font fuir nos cerveaux et nos entreprises.

Vraiment pitoyable de dénigrer ainsi le Québec et d’avoir une telle opinion. Moi, innocemment, je me suis dit qu’après avoir ainsi vomi sur le Québec, il aurait beaucoup de difficulté à se dénicher à l’avenir une job dans la province la plus médiocre au pays, que ce soit à titre de chroniqueur, de professeur, etc. Bien non, du tout. Je vous le redis : quand vous avez des principes à droite qui s’harmonisent avec ceux des puissants, alors vous jouirez de plus de liberté et les médias d’information privés vous resteront toujours chaleureusement ouverts. Pour le patronat et certains journalistes, les propos pathétiques et minables tenus par Sylvain Charlevoix dans son évangile font montre, bien au contraire, d’un courage exemplaire et d’une lucidité lumineuse. Enfin quelqu’un qui dit tout haut ce que plusieurs pensent. Quelqu’un qui a un admirable franc-parler.

Le monsieur part en Saskatchewan à titre de professeur «adjoint»

C’est drôle mais moi, je me suis dit que si La Presse lui a accordé une si grosse tribune pour qu’il se défoule, ça devait donc être une grosse pointure que le Québec venait de perdre. Alors que non, le monsieur Charlebois n’est pas parti en Californie à l’Université Stanford ou Berkeley à titre de professeur émérite et agrégé mais bel et bien en Saskatchewan à l’Université de Regina comme professeur «adjoint». Pourquoi alors faire tout un plat pour si peu? Moi je pense que Sylvain Charlebois a postulé à titre de professeur dans plusieurs universités québécoises et ayant été refusé partout, son égo en a pris un coup. S’il était parti pour l’Université de la Sorbonne à Paris, je ne dis pas, mais là…

Le monsieur se promène

Après quelques années passé à l’Université de Regina, on le retrouve à l’Université de la Saskatchewan puis à l’Université de Guelph en Ontario et enfin à l’Université Dalhousie en Nouvelle-Écosse où il a été viré à titre de doyen après des plaintes d’intimidation et de harcèlement logées à son endroit (Radio-Canada, 23 août 2018 : Sylvain Charlebois quitte son poste de doyen à l’Université Dalhousie». Intimidation et harcèlement quand vous voulez, comme Sylvain est un conservateur néolibéral, il sera accueilli les bras ouverts ailleurs, n’ayez crainte. Vous allez voir, mon histoire se termine bien. En passant, lorsque monsieur Charlebois a quitté la Saskatchewan, a-t-il rédigé un long texte dans un journal local qu’il aurait pu intituler ainsi : «Pourquoi nous quittons la Saskatchewan»! Idem lorsqu’il a quitté l’Ontario. Changer aussi souvent d’université, ça devient suspect.

Au passage, il est aussi chercheur associé à l’Institut économique de Montréal. Ça en dit long sur ses penchants idéologiques et politiques si vous voulez mon avis (et même si vous ne le voulez pas)!

Sylvain devient chroniqueur au Journal de Montréal

Pierre-Karl Péladeau est souverainiste, ancien député (Saint-Jérôme) et ex-chef du Pari québécois. D’accord, il est à droite et ne blaire pas les syndicats, mais tout de même, il n’ira pas jusqu’è embaucher cet individu qui a tant vomi sur le Québec que je me suis dit. Mais non, comme il est à droite, Sylvain Charlevoix a été embauché récemment au Journal de Montréal et au Journal de Québec à titre de chroniqueur avec les autres très à droite que sont les Mario Dumont, Richard Martineau, Joseph Facal et Mathieu Bock-Côté, celui qui aime bien s’écouter parler. Je vous l’ai dit : tout fini bien pour celui qui a des principes moraux profonds mais qui logent à droite de l’échiquier politique. C’est le genre d’experts, de scientifiques, de lucides et de courageux que le 1% affectionne.

En passant, connaissez-vous mon ex-collègue à l’UQAM le professeur d’économie Louis Gill qui est ingénieur et qui détient un doctorat de l’Université Stanford en Californie? Vous ne le connaissez pas parce qu’il est à gauche et ce n’est pas ce que nos médias veulent comme opinions d’experts. Pourtant, personne ne peut remettre en cause ses compétences. C’est tout de même drôle la vie!

Couche-Tard et Carrefour : la France n’est pas le Québec colonisé

https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2021-01-12/couche-tard-en-discussion-pour-acquerir-la-chaine-francaise-carrefour.php

Le gouvernement français moins colonisé et arriéré qu’au Québec

Personne ne peut accuser le parti politique du président français Emmanuel Macron et du ministre de l’Économie Bruno Le Maire d’être à gauche, comme c’est le cas pour des ex-présidents (Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing). Droite ou pas droite, tous les gouvernements français ont toujours adopté des lois et des politiques économiques, logiques et courageuses afin d’assurer la souveraineté du pays par le biais, entre autres, de la propriété nationale de ses plus grands fleurons. On vient de le réaliser encore une fois lors du refus du gouvernement français, poli mais sans équivoque, signifié à la québécoise Alimentation Couche-Tard, de se porter acquéreuse, pour environ 25 milliards de dollars canadiens, du géant français de l’alimentation au détail Carrefour, qui représente près de 20% de la distribution alimentaire de la France et qui est le plus important employeur privé au pays avec plus de 100 000 salariés. À remarquer que la proposition d’achat fut bloquée même si l’État français ne détenait pas d’actions dans Carrefour.

Bravo pour le véritable nationalisme économique français

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement intervient afin de s’assurer du maintien de la souveraineté économique de la France en refusant la vente de leurs joyaux privés à des étrangers, comme d’ailleurs tous les pays occidentaux le font, des États-Unis à l’Allemagne en passant par la Grande-Bretagne sauf le Canada, et encore davantage le Québec. Être colonisés, c’est comme dans nos gènes. En fait, il n’y a que les pays en voie de développement, fortement corrompus (comme le Québec d’ailleurs), qui vendent leurs ressources, leurs biens publics et leurs entreprises à des prédateurs étrangers. Voilà pourquoi ils sont pauvres et qu’ils le resteront. C’est l’évidence même qu’un pays ne peut s’enrichir s’il devient locataire de ses propres richesses naturelles et de ses entreprises, ce qui fait que l’argent sort régulièrement du pays, qui y perd aussi en termes de souveraineté politique. Il faut fixer une limite au contrôle étranger en général, l’interdire dans des secteurs névralgiques comme plusieurs pays le font, et pas seulement la France, tel que l’alimentation, le pharmaceutique, le militaire, l’eau et le permettre en co-propriété avec l’État local dans les domaines des ressources naturelles, des communications et de l’internet.   

Quelques exemples de l’interventionnisme bénéfique français

En 2005, le gouvernement de droite en France était intervenu pour s’opposer à l’acquisition du géant français de l’agro-alimentaire Danone par l’américaine Pepsi : «Jacques Chirac se porte à la rescousse de Danone» (Le Devoir, 22 juillet 2005). En 2003, l’ex-ministre de droite des Finances, Nicolas Sarkozy, s’était objecté catégoriquement à l’acquisition de la transnationale pharmaceutique française Aventis par Novartis de Suisse et d’autres. Le gouvernement français avait même structuré la fusion d’Aventis à la pharmaceutique Sanofi, également française : «Création du troisième groupe pharmaceutique mondial. Aventis dit oui à Sanofi» (Le Journal de Montréal, 26 avril 2004).

Ici, au Québec, nos gouvernements ont toujours applaudi et même favorisé la vente de nos pharmaceutiques à des étrangers, comme ce fut malheureusement le cas pour la vente du joyau québécois Institut Armand-Frappier (Biochem Pharma à l’anglaise Shire pour plus de 6 milliards de dollars). Il ne reste absolument plus rien au Québec de ce qui fut une réussite québécoise phénoménale issues de laboratoire de cet Institut scientifique rattaché à l’Université du Québec et qui aurait été bien utile en cette période de pandémie car ledit institut était spécialisé dans la fabrication de vaccins qu’il vendait et exportait partout dans le monde. Mais ici, au Québec, nos élus préfèrent être dépendants des pharmaceutiques étrangères (pas juste pour les vaccins anti-coronavirus mais aussi pour les produits contre le cancer, les maladies cardiaques, etc.) et de leurs fidèles contributions. Ils pensent aussi à leur après-carrière en politique.

D’autres blocages en France

Pas plus tard qu’en 2019, il y a eu cette nouvelle : «Renault. Fiat Chrysler retire son offre de fusion. Le géant italo-américain juge qu’il n’obtiendra pas d’accord avec l’État français» (Le Devoir, 6 juin 2019). En voulez-vous d’autres parmi beaucoup d’autres? «Alston : Paris rejette l’offre en l’état de General Electric» et aussi «Vivendi (française) offre d’acheter Dailymotion (également française). L’État français voyait d’un mauvais œil le flirt engagé par la plateforme de partage de vidéos avec le honkongais PCCW» (Le Devoir, 6 mai 2014 et 8 avril 2015). Enfin l’italienne Enel ambitionne d’acquérir Suez, spécialisé dans l’énergie et les services publics. Le gouvernement français a dit non, et «La France met au point la fusion entre Gaz de France et Suez (qui deviendra le géant mondial Engie, contrôlé à 36% par l’État» (Le Devoir, 28 février 2006).    

Ici nos gouvernements vendent avec enthousiasme Provigo, Carrière, Culinar et cie

Provigo était tout aussi importante en termes d’emploi, d’achats locaux et du maintien du siège social au Québec que Carrefour en France. Et pourtant, le premier ministre d’alors, le péquiste Jacques Parizeau, s’était montré heureux, oui heureux, de la vente de Provigo à l’ontarienne Loblaw’s avec toutes les conséquences négatives qui s’ensuivirent par après. Et puis, il y a eu la vente d’importantes entreprises manufacturières alimentaires comme Culinar et Aliments Carrière à des étrangers qui a reçu l’assentiment enthousiaste de Bernard Landry et de la coopérative Desjardins. Ah oui, les libéraux Anglade et Couillard ainsi que les caquistes Dubé et Fitzgibbon ont été jusqu’à dire, en bons commanditaires et colonisés qu’ils sont, que la vente de Rona à l’américaine Lowe’s, le don de la C-Series de Bombardier à l’européenne Airbus et la cession de Bombardier Transport (locomotives) à la française Alston étaient bons pour le Québec. Incroyable mais vrai. Oui, ils ont dit que cela serait bénéfique pour nous et que cela enrichirait le Québec.

Comme Provigo et Rona, Carrefour est rentable

Certains experts commandités québécois admirés et souvent sollicités par nos médias locaux ont souligné le «besoin» de vendre Carrefour, Provigo, Air Transat, Rona et d’autres par le fait que la rentabilité de ces firmes n’était pas suffisante et pas satisfaisante pour les requins investisseurs comme les Fonds d’investissements spéculatifs qui se spécialisent à acheter des entreprises, à les démanteler, à couper dans l’emploi et à acheter leurs marchandises dans les pays du «cheap labor» qui exploitent leurs travailleurs. Il faut arrêter de toujours viser à tout prix plus de profits pour les entreprises et de croissance du produit intérieur brut pour les pays, ce qui fait que c’est comme cela que l’on exploite nos frères et nos sœurs et que l’on tue à vitesse V la planète qui, à la longue, va nous-mêmes nous éliminer.

Le Québec et l’influence des gros bonnets

Carrefour a comme principaux actionnaires les milliardaires français Bernard Arnault (9% des actions) et la famille Moulin, propriétaire, entre autres, des Galeries Lafayette (10% du contrôle) pour qui, bien évidemment, Carrefour n’offre pas assez de rendement sur leurs placements. La solution pour ces derniers est de vendre l’entreprise le plus vite possible à n’importe qui, afin d’empocher un beau gros profit juteux. La sécurité alimentaire, l’emploi et le maintien des sièges sociaux en France, ils en ont que faire. Même si certaines entreprises françaises ont comme importants actionnaires de très riches, influents et puissants français, les gouvernements français, de gauche ou de droite, restent imperméables à leurs demandes égoïstes, quitte à se voir priver de financement politique. En France, l’intérêt public, souvent voté par des lois, prime sur l’intérêt privé des richards et de leurs lobbyistes qui, souvent, sont comme par hasard, d’ex-politiciens.

Ici au Québec c’est tout à fait différent. La famille Beaudoin-Bombardier, qui a toujours carburé aux fonds publics, a lancè l’idée à Pauline Marois et aux libéraux de construire en Gaspésie une belle grosse cimenterie (alors que déjà le bateau de Bombardier coulait) très polluante et financée principalement par des subventions publiques, et voilà que nos gouvernements embarquent rapidement et joyeusement. Cimenterie que nos élus viennent de vendre, toujours avec enchantement, à des Brésiliens. Pour sensibiliser Jean Charest à ses besoins, la famille Desmarais l’invitait avec sa famille à passer quelques jours dans son château de Charlevoix. En passant, ce n’est pas naïvement en subventionnant les petites serres au Québec et en leur faisant cadeau de notre électricité que l’on va assurer la sécurité alimentaire du Québec.

Fitz et Alain Bouchard qui essaient en vain de convaincre le ministre français

Alain Bouchard, le propriétaire majoritaire de Couche-Tard, a rencontré à Paris le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, et notre propre ministre de l’Économie, le flamboyant Pierre Fitzgibbon, lui a parlé au téléphone. Fitz a pensé embobiner son collègue français Bruno Le Maire en lui garantissant que Couche-Tard pouvait garantir l’achat local, l’emploi et le maintien du siège social en France. Ce baratin primaire impressionne seulement nos élus embrigadés. Pourtant, Fitz lui-même n’y croit pas à ces engagements angéliques jamais tenus puisque c’est lui-même qui, en 2020, avait dit que le maintien d’emplois, du siège social et de l’achat local, c’était «idéologique». Il privilégiait les engagements moraux et les promesses verbales à celles colligées et garanties par contrats légaux (Le Journal de Montréal, 7 octobre 2020). La cohérence n’est pas le point fort de Fitz. Un autre qui joue au gros et qui impressionne au Québec mais pas en France et ailleurs.