Il quitte le Québec «médiocre» et devient chroniqueur au Journal

https://www.centris.ca/fr/blogue/astuces-et-deco/cours-101-pour-emballer-ses-boites-de-demenagement

C’est l’histoire du gars très à droite et frustré

C’est l’histoire du gars, beaucoup et même très beaucoup à droite, qui devient chroniqueur, au début des années 2000, à La Presse, dirigée à l’époque par le tandem infernal d’André Pratte et d’Alain Dubuc, devenus par la suite respectivement sénateur et l’autre administrateur d’une compagnie de cannabis et professeur aux HEC Montréal. Le monsieur en question est Sylvain Charlebois, un gars très fier de sa personne. La morale de cette captivante histoire est que, dans la vie, quand on est de la grosse droite, tout finit par s’arranger et même très bien, comme ce fut le cas pour Mario Dumont, l’ancien chef de l’Action démocratique du Québec, qui voulait instaurer deux types d’université : une pour l’élite et l’autre pour la masse. Mario Dumont voulait aussi implanter au Québec les bons d’éducation que même George W. Bush junior, pourtant lui aussi très à droite, a rejetés, trouvant cela trop exagéré. Dumont voulait aussi permettre, dans le cadre même de notre système de santé public, je dis bien public, à ceux qui paieraient pour leurs soins, leurs traitements et leurs opérations, de passer avant les gueux aux poches vides. Léo je t’en prie, ne sois pas jaloux : tu n’avais qu’à être de droite dans ton jeune âge.

Le héros en question, l’illustre Sylvain Charlebois

Oui, je suis d’accord avec vous, Sylvain Charlebois est un illustre inconnu. Inconnu ou pas, là n’est pas l’objet de mon texte. Je le répète, et cela devrait vous guider dans l’éducation de vos enfants, l’important dans la vie est d’être à droite. C’est comme ça que vous allez plaire au patronat, à ses médias et à ses partis politiques. Ainsi, vous avez de biens meilleures chances d’être sollicités pour des entrevues et des jobs dans leurs journaux, radios et télés ainsi que d’être recrutés par beaucoup de partis politiques. Ça prend quelqu’un de la grosse droite pour avoir rédigé dans La Presse une opinion régulière intitulée : «Des sommets futiles. Misons sur les entreprises (philanthropiques) plutôt que sur les gouvernements pour éradiquer la famine». Qu’en dites-vous?

Sylvain désabusé et abusé quitte le Québec en 2004

En 2004, Sylvain Charlebois, diplômé de l’Université de Sherbrooke et alors chroniqueur à la grosse Presse de Power Corp., détenu par la puissance et omniprésente famille Desmarais, décide de plier bagages et de quitter le Québec qu’il considère tout à fait «médiocre» et qui est devenu, selon lui, sous l’emprise des gauchistes, une «bouffonerie politique», rien de moins. Grâce à ses entrées à La Presse et à la complaisance du duo André Pratte et Alain Dubuc, Sylvain a publié, le 19 juillet 2004, dans ce quotidien un très long réquisitoire de lamentations afin de cracher son venin sur le Québec, texte qu’il a intitulé : «Pourquoi nous quittons (lui et sa famille) le Québec». Au Québec, nous sommes plus de 8 millions d’individus. Quelle est donc, pour La Presse, un média carrément de désinformation et d’intoxication, l’utilité de publier les récriminations dégueulasses d’un individu quelconque qui décide de partir? Est-ce que cela relève de son biais idéologique qui débouche sur un État très minimal dans lequel tout est marchandisé (même les programmes sociaux) et cédé au privé comme le veut le patronat?

Des propos hystériques et minables tenus par l’exilé

À lire dans son opinion du 19 juillet 2004 parue dans La Presse (que je vous invite à lire, les cheveux vont vous dresser sur la tête), les propos qu’il tient sur le Québec, Sylvain Charlebois devrait être considéré comme un migrant qui aurait droit d’aller dans n’importe quel pays à titre d’exilé politique bafoué dans ses droits et persécuté au Québec. Le monsieur n’y va pas avec le dos de la cuillère pour salir le Québec. Par exemple, sur les syndicats, il a dit ceci : «Au travail, les forces syndicales sont devenues une terreur abusive pour une économie ouverte au monde». Ayoye! Et puis, à quelques reprises, il insiste sur la médiocrité qui règne au Québec, et il ajoute que : «Le Québec est quasiment en faillite idéologique». À l’extérieur du Québec : «il constate que le Québec est devenu une bouffonnerie politique dans le reste du pays». Alors le monsieur se défoule énergiquement sur quelques-uns de nos services publics, comme nos centres de la petite enfance, nos écoles, nos universités, nos routes, nos aqueducs, notre Régie oppressante du logement, notre système de santé publique et, bien évidemment, de nos impôts répressifs qui font fuir nos cerveaux et nos entreprises.

Vraiment pitoyable de dénigrer ainsi le Québec et d’avoir une telle opinion. Moi, innocemment, je me suis dit qu’après avoir ainsi vomi sur le Québec, il aurait beaucoup de difficulté à se dénicher à l’avenir une job dans la province la plus médiocre au pays, que ce soit à titre de chroniqueur, de professeur, etc. Bien non, du tout. Je vous le redis : quand vous avez des principes à droite qui s’harmonisent avec ceux des puissants, alors vous jouirez de plus de liberté et les médias d’information privés vous resteront toujours chaleureusement ouverts. Pour le patronat et certains journalistes, les propos pathétiques et minables tenus par Sylvain Charlevoix dans son évangile font montre, bien au contraire, d’un courage exemplaire et d’une lucidité lumineuse. Enfin quelqu’un qui dit tout haut ce que plusieurs pensent. Quelqu’un qui a un admirable franc-parler.

Le monsieur part en Saskatchewan à titre de professeur «adjoint»

C’est drôle mais moi, je me suis dit que si La Presse lui a accordé une si grosse tribune pour qu’il se défoule, ça devait donc être une grosse pointure que le Québec venait de perdre. Alors que non, le monsieur Charlebois n’est pas parti en Californie à l’Université Stanford ou Berkeley à titre de professeur émérite et agrégé mais bel et bien en Saskatchewan à l’Université de Regina comme professeur «adjoint». Pourquoi alors faire tout un plat pour si peu? Moi je pense que Sylvain Charlebois a postulé à titre de professeur dans plusieurs universités québécoises et ayant été refusé partout, son égo en a pris un coup. S’il était parti pour l’Université de la Sorbonne à Paris, je ne dis pas, mais là…

Le monsieur se promène

Après quelques années passé à l’Université de Regina, on le retrouve à l’Université de la Saskatchewan puis à l’Université de Guelph en Ontario et enfin à l’Université Dalhousie en Nouvelle-Écosse où il a été viré à titre de doyen après des plaintes d’intimidation et de harcèlement logées à son endroit (Radio-Canada, 23 août 2018 : Sylvain Charlebois quitte son poste de doyen à l’Université Dalhousie». Intimidation et harcèlement quand vous voulez, comme Sylvain est un conservateur néolibéral, il sera accueilli les bras ouverts ailleurs, n’ayez crainte. Vous allez voir, mon histoire se termine bien. En passant, lorsque monsieur Charlebois a quitté la Saskatchewan, a-t-il rédigé un long texte dans un journal local qu’il aurait pu intituler ainsi : «Pourquoi nous quittons la Saskatchewan»! Idem lorsqu’il a quitté l’Ontario. Changer aussi souvent d’université, ça devient suspect.

Au passage, il est aussi chercheur associé à l’Institut économique de Montréal. Ça en dit long sur ses penchants idéologiques et politiques si vous voulez mon avis (et même si vous ne le voulez pas)!

Sylvain devient chroniqueur au Journal de Montréal

Pierre-Karl Péladeau est souverainiste, ancien député (Saint-Jérôme) et ex-chef du Pari québécois. D’accord, il est à droite et ne blaire pas les syndicats, mais tout de même, il n’ira pas jusqu’è embaucher cet individu qui a tant vomi sur le Québec que je me suis dit. Mais non, comme il est à droite, Sylvain Charlevoix a été embauché récemment au Journal de Montréal et au Journal de Québec à titre de chroniqueur avec les autres très à droite que sont les Mario Dumont, Richard Martineau, Joseph Facal et Mathieu Bock-Côté, celui qui aime bien s’écouter parler. Je vous l’ai dit : tout fini bien pour celui qui a des principes moraux profonds mais qui logent à droite de l’échiquier politique. C’est le genre d’experts, de scientifiques, de lucides et de courageux que le 1% affectionne.

En passant, connaissez-vous mon ex-collègue à l’UQAM le professeur d’économie Louis Gill qui est ingénieur et qui détient un doctorat de l’Université Stanford en Californie? Vous ne le connaissez pas parce qu’il est à gauche et ce n’est pas ce que nos médias veulent comme opinions d’experts. Pourtant, personne ne peut remettre en cause ses compétences. C’est tout de même drôle la vie!

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