Tout profite aux riches : crises financière, climatique et pandémique

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Il faut appliquer rigoureusement les lois naturelles du marché

En économie capitaliste et démocratique, car les deux vont supposément de pair que nous disent les experts et les médias, il y a la loi naturelle du marché qui fait que les nantis sont toujours plus pleins. Et personne n’y peut rien car cela découle de lois dites «naturelles», de même que l’accroissement des inégalités économiques. Vouloir réduire les écarts de richesse par des lois humaines coercitives ne fera qu’empirer les inégalités car lesdites lois gouvernementales brimeront alors les lois issues de la nature. Le 1% et les autres est un phénomène tout à fait naturel et même bénéfique que nous disent les spécialistes du merveilleux monde patronal, médiatique et universitaire.

Pandémie ou pas, la loi naturelle suit inexorablement son cours

Le coronavirus a contraint les États et des millions d’individus à s’endetter et à s’appauvrir, mais pas les nantis, tel qu’énoncé dans la bible économique du libéralisme économique : «Coronavirus. Les milliardaires s’enrichissent encore» et «La pandémie, pas un problème pour les milliardaires» (Le Devoir, 10 décembre et le Journal de Montréal, 18 septembre 2020). Au moins, le COVID-19 aura bénéficié à certains, ce qui démontre la valeur des fondements solides des lois naturelles du marché.

Tant qu’aux inégalités économiques, les lois naturelles continuent à faire positivement leur œuvre pour le bien de tous, ou presque : «Coronavirus. Les écarts se creusent en santé financière» (Le Devoir, 14 octobre 2020).

Enrichissement équitable et égalitaire

«Les milliardaires américains s’enrichissent «encore» avec la pandémie» (Le Journal de Montréal, 9 décembre 2020). Je n’aime pas du tout le mot «encore» dans le titre de l’article, ça laisse malicieusement sous-entendre que nos philanthropiques richards devraient arrêter de s’enrichir durant la pandémie. Quelle idée à la fois loufoque et même subversive.

En économie néolibérale, l’application scrupuleuse et consciencieuse des lois naturelles fait que l’enrichissement ne profite pas seulement aux Américains mais à tous les fervents adeptes de ce système économique «démocratique» partout dans le monde, même dans les pays pauvres comme Haïti. Dans ce cas, on parle d’un modèle épreint de justice qui frôle même le socialisme : «Hausse de la valeur du patrimoine des Canadiens les plus fortunés» que nous a dit Yves Giroux, le directeur parlementaire du budget à Ottawa (Le Devoir, 18 juin 2020). N’êtes-vous pas heureux qu’en ce temps de coronavirus nos milliardaires canadiens se sont aussi enrichis (et pas seulement les Américains)? Soyons patriotiques et fiers d’eux. Soyons tellement contents d’être Canadiens. Ne vous inquiétez surtout pas, dans les pays européens fidèles au catéchisme du capitalisme, là aussi les Crésus ont essuyé les bienfaits du petit cochon qui engraisse toujours et toujours.

Il faut aider les riches afin de valider le modèle

Si les riches s’appauvrissaient, ce serait la catastrophe. Voilà pourquoi la classe moyenne, les pauvres, les gouvernements, les universitaires, les journalistes et les experts doivent faire courageusement leur part pour que cela ne se produise pas. Comment? Simplement an vantant avec respect le modèle capitaliste démocratique et en exigeant des mesures d’austérité et de «rigueur» budgétaire qui amènent à couper abondamment et sereinement dans les vaches sacrées des prolos que sont les beaucoup trop nombreux programmes sociaux et en privatisant lucidement nos riches débonnaires, pour vraiment pas cher, nos instruments collectifs comme le CN, Air Canada, Pétro-Canada, Téléglobe, Télésat, Canadair, etc. Il faut faire en sorte d’avoir plus de milliardaires, quitte à créer plus de pauvres. On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs! Lâchez-moi avec vos idées farfelues de jeunesse qui militent pour l’enrichissement collectif et le bien commun. En vieillissant, j’espère que vous êtes devenus plus réalistes et que vous êtes dorénavant des partisans de l’enrichissement privé de quelques-uns et du bien privé. Si c’est ça, je vous dis bravo et je vous félicite.

D’autres mesures de soutien réservées à la crème

L’important est d’avoir nous aussi, au Canada, une saine classe de milliardaires comme il y en a une aux States et ailleurs en Occident. Une simple question de respect de soi et de fierté. Alors, afin d’atteindre notre louable et nécessaire but, il faut, pour créer plus de richesse pour les riches, que la majorité du monde ordinaire mette résolument l’épaule à la roue et verse des milliards de dollars chaque année en subventions à nos nantis en devenir et, il ne faut point les oublier, à ceux qui sont déjà milliardaires. On appelle ça du socialisme pour capitalistes.

Subventionner les gras durs va également de pair avec le besoin de les délivrer de l’oppression fiscale en diminuant leurs taux d’impôts statutaires en multipliant les exemptions afin de faciliter l’évitement fiscal et en stimulant les paradis fiscaux afin de favoriser l’évasion fiscale : «Les revenus du 1% ont augmenté, mais leurs impôts ont diminué» (Journal Métro, 25 septembre 2019). Il faut féliciter à cet effet nos élus qui propagent le mensonge que nous avons au Québec un impôt sur le revenu très progressif et aux journalistes à l’emploi de grosses compagnies privées qui se font les défenseurs de la richesse par ignorance ou par intérêt personnel.

Trump a raison : l’ONU c’est socialiste

«La fin des inégalités, c’est pour 2030» (Le Devoir, 1er février 2020). Ne vous affolez surtout pas. Nos riches ne sont pas menacés de disparaître, bien au contraire. La fin des inégalités, pour aussi vite qu’en 2030 (ça ne fait pas vraiment sérieux) est seulement une ambition, un songe, un souhait ou un vœux exprimé par les experts «communistes» de l’ONU, qui se réalisera si les États appliquent les saines pratiques de développement dit durable. C’est avec ce genre de vœu pieux que nos gouvernements, nos nantis et les organismes internationaux endorment au gaz les gens. Il ne faut pas laisser ces profiteurs et ces smattes vous rire en pleine face. Juste pour vous, une autre bonne nouvelle en ce temps de morosité «coronavirudienne» afin d’égayer vos vies et de fortifier en vous l’espoir d’un monde nouveau mais pas trop : «Les milliardaires détiennent plus d’argent que 60% de l’humanité» (Le Journal de Montréal, 20 janvier 2020). Mais 60%, c’est pas beaucoup. Il faudrait viser le 70% d’ici 10 ans. Êtes-vous d’accord avec cet objectif, qui devrait être «collectif»? Avec un minimum de bonne volonté, on est capable d’arriver ensemble, quitte à organiser une guignolée des médias coopératifs adressée à l’atteinte du 70% de la richesse du monde concentrée dans les mains accueillantes du 1%.

Comme la crise financière de 2008

Tout était censé changer radicalement après la criminelle crise financière mondiale de 2008, occasionnée par la cupidité illimitée de nos banques qui, souvent, se lancent en politique et deviennent dès lors des candidats dits «vedettes» plein de compétences et d’expertise : «Crise financière. Les banques disent avoir appris des leçons» (La Presse, 14 janvier 2020). Appris les leçons pour encore plus nous arnaquer et s’enrichir, s’entend.

Il faut reconnaître aux banques le don de dire sans rire des énormités, comme celle-ci : «Les banques affirment freiner l’évasion et l’évitement fiscaux. Les avoirs canadiens de 300 milliards$ dorment à l’étranger à l’abri de l’impôt» (Le Journal de Montréal, 18 novembre 2015). Encore des vœux pieux pour vous remplir comme une valise : «Le FMI s’attaque aux banques trop importantes pour faire faillite» (Le Devoir, 1er avril 2014). Depuis ces belles paroles apaisantes, formulées par le FMI en 2014, les banques sont devenues beaucoup plus grandes, plus riches et plus puissantes que les États.

Crise financière, manifestation climatique et «Occupy Wall Street»

Dans les vrais faits, après la crise financière de 2008 et en dehors des ridicules mises en scène coutumières, les inégalités de richesse ont explosé; nos gouvernements ont baissé l’impôt des riches et des compagnies; ils ont augmenté considérablement leurs subventions et ont vargé «courageusement» dans nos programmes sociaux. Absolument rien n’a changé, bien au contraire, comme ce fut aussi le cas après les manifestations mondiales du type «Occupy Wall Street» de 2011 et les énormes défilés dans plusieurs pays tenus en 2012 et en 2019 afin de protéger la planète : «Un grand cri du peuple. Une manifestation d’une ampleur sans précédent pour la Journée de la Terre» et «Un rassemblement historique. Une marée humaine de 300 000 à 500 000 personnes a déferlé au centre-ville de Montréal, hier» (Le Devoir, 23 avril 2012 et le Journal de Montréal, 28 septembre 2019). En 2013, ce fut «business as usual» : «Le Dow Jones à un nouveau sommet» et en 2020 ce fut : «Le Dow Jones au-dessus des 30 000 points. Un record» (La Presse, 7 novembre 2013 et Le Devoir, 25 novembre 2020). Pandémie ou pas, crise climatique ou pas, crise financière, corruption et collusion ou pas, tout va continuer comme avant après la fin du COVID-19 : la population sera alors invitée à payer pour renflouer l’État afin de le sauver de la faillite; les inégalités économiques vont continuer à s’agrandir; le marché boursier va atteindre de nouveaux records historiques, les paradis fiscaux vont se multiplier; les impôts des milliardaires et des compagnies vont toujours plus diminuer et leurs subventions augmenter. C’est ça la vie en démocratie capitaliste.

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