Pourquoi les services publics ne seront jamais meilleurs?

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Ça fait plus de cinquante ans que nos élus parlent et parlent encore d’améliorer les services publics, entre autres la santé et l’éducation. Ils promettent un meilleur système de santé et d’éducation, pas en investissant davantage mais plutôt en coupant généreusement. Ils disent, comme le patronat, que l’on peut faire beaucoup mieux avec moins. Alors ils sabrent allègrement en affirmant que cela n’affectera aucunement les services rendus à la population ordinaire. Les gouvernements péquistes de Lucien Bouchard et de Bernard Landry et les libéraux de Philippe Couillard se sont amusés gaiement à varger dans nos services publics, tout en privatisant certains et à en tarifiant d’autres. Faites une brève revue de presse des cinquante dernières années et vous allez constater que les problèmes qui persistent tout le temps sont toujours les mêmes. Problèmes que l’on pourrait régler s’il y avait un minimum de volonté politique. Mais nos élus, genre représentants de commerce, en ont que très peu pour investir dans nos programmes sociaux. Ils en ont toutefois plus pour baisser les impôts des compagnies et des riches, subventionner davantage le privé, financer les écoles et la santé «privées», privatiser, sous-traiter, déréglementer, polluer, négocier des traités de libre-échange qui donnent plus de liberté et de pouvoir aux compagnies et moins aux États, et qui mettent tous les travailleurs et tous les pays de la terre en compétition pour le plus petit commun dénominateur. On le constate actuellement avec la pandémie où l’on assiste au chantage coutumier des Pfizer et Moderna. Il faut créer un Pharma Québec détenu par la population.

Prenons le cas de la santé publique

Nos élus n’aiment pas les services publics. Il est effrayant d’entendre des ministres traiter notre système de santé publique de «monstrueux» : «Raymond Bachand. Dompter le monstre de la santé. Seule une réforme du système (comme couper encore) permettra d’atteindre l’équilibre budgétaire (c’est-à-dire le déficit zéro) qu’a dit l’ex-ministre libéral (l’important c’est d’équilibrer le budget quitte à faire souffrir et mourir du monde ordinaire» (La Presse, 26 mai 2014). La même année, en 2014, François Legault en rajoutait en s’exclamant : «Le monstre doit être rendu plus efficace. François Legault promet de s’attaquer à la bureaucratie du système de santé» (Le Devoir, 14 mars 2014). S’attaquer à la pseudo-bureaucratie dans le sens de réduire les services à la population plutôt que de s’attaquer courageusement à la cause véritable de l’augmentation des dépenses en santé, soit le salaire des médecins et le prix des médicaments. Pendant que nos élus vargeaient dans les services de la population, la rémunération des docteurs et le prix des médicaments ont continué à exploser. S’attaquer à la racine du problème est impensable à nos politiciens qui sont en service politique et qui veulent plus tard «mériter» une belle grosse job dans le privé, comme l’ont fait les Bouchard, Chevrette, Gignac, Charest, Mulroney, Harper, Bachand, Coiteux, etc.

Agir de la sorte est tout simplement criminel

Nos élus sont prêts à tout afin de répondre à l’appel de la minorité extraordinaire : couper dans un premier temps, puis réduire les services, privatiser ensuite et tarifer ce qui reste. Il faut être culotté, et Gaétan Barrette l’était, pour venir nous dire ceci : «Des coupes agressives pour garantir la survie du système de santé, dit Barrette» (Le Devoir, 26 juin 2014). Tout à fait incroyable d’entendre un ministre nous dire que ce n’est pas en investissant que l’on va améliorer les services publics mais en coupant. Et au nom de l’ordre du jour fixé par le patronat et les potentats, il faut couper afin d’assurer le peu de services qui restent. Vraiment surréaliste d’entendre de telles inepties et surtout de les accepter.

Et après avoir coupé dans les services en santé publique, il faut en faire davantage avant de passer à la phase finale de la privatisation. Il faut réduire le nombre de services offerts à la population comme l’a fait le PLQ et le matamore Barrette : «un débat sur le panier de services s’impose, dit Gaétan Barrette» (Le Devoir, 13 novembre 2015). Baisses d’impôts à répétition des richards et des compagnies riment évidemment et naturellement avec moins de services publics. Ça ne prend pas une lumière pour comprendre ça.

Idem pour le parti québécois

Mesures d’austérité pour les libéraux afin d’atteindre le déficit zéro et virage ambulatoire pour le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard et de son ministre de la santé d’alors, Jean Rochon, afin de répondre, selon eux, aux préoccupations des firmes de cotation ou de notation, telles Standard and Poors et Moody’s. Pour le PQ aussi c’était le principe de faire plus avec moins. De vrais illusionnistes et mystificateurs : «17 000 postes en moins et un réseau de la santé plus efficace. Selon le bilan (très particulier) du ministre Rochon, le virage ambulatoire aura été rentable (rentable pour qui?)» (La Presse, 26 février 1997). «Rentable» dans quel sens? Et le premier ministre péquiste du temps, nul autre que Lucien Bouchard, de s’exclamer, tout heureux : «Bouchard estime que Jean Rochon (santé) doit finir son œuvre (c’est-à-dire de continuer à couper» (Le Journal de Montréal, 26 août 1998).

Et comme le PLQ l’a suggéré et l’a fait, le PQ l’imite : «Québec (PQ) songe à désassurer certains services en santé» (La Presse, 6 février 2001). Même que la châtelaine Pauline Marois et l’érudit Bernard Landry avaient poussé la note un peu plus afin d’alléger l’ampleur des services publics et de favoriser la privatisation : «Le régime d’assurance-médicaments pourrait être abandonné» (La Presse, 9 novembre 2001).

Ça fait que ça empire

Tant pour l’éducation que la santé publique, à force d’effectuer des virages dits ambulatoires et d’appliquer des mesures dites d’austérité et de rigueur, ça fait que les mêmes problèmes reviennent à chaque année tout en s’amplifiant sans que nos élus lèvent le bout du petit doigt afin d’améliorer le tout. En fait, ils font le contraire.

Il me semble que c’est toujours les mêmes nouvelles décourageantes qui reviennent chaque année depuis environ cinquante ans, comme celles-ci :

  • «Santé Québec. Parmi les pires urgences en Occident (même si c’est le Québec qui a le plus de santé privée au pays et un des plus importants en Occident)» (Le Journal de Montréal, 3 juin 2016);
  • «Tannés (après 24 heures d’attente, quel impatience!), 1000 patients quittent l’urgence sans soins chaque jour» (Le Journal de Montréal, 6 mai 2016);
  • «C’est au Québec qu’on attend le plus pour voir un médecin (seulement 541 jours d’attente et un minuscule 419 jours si c’est urgent)» (Le Journal de Montréal, 11 septembre 2020 et La Presse, 28 juin 2011);
  • Enfin mes deux dernières, pour juste rire de bon cœur : «864 jours d’attente pour un médecin de famille» (Le Journal de Montréal, 11 septembre 2020) et «Québec (la CAQ) veut garantir l’accès à un médecin de famille eu moins de 36 heures» (Le Devoir, 12 septembre 2020). On te croit, menteur.

Des services publics déficients à tout jamais

Oui, le système de santé, d’éducation et de garderies public sera toujours sous-financé et déficient pour la simple et bonne raison que le patronat et le gratin n’en veulent pas de services publics car ils ne les utilisent pas. Ils préfèrent leurs services privés qui n’ont de privé que le nom, étant massivement subventionnés : «Des programmes sociaux trop généreux, selon le patronat» et «Dépenses publiques. Le Conseil du patronat espère que Québec ne deviendra pas un bar ouvert» (Le Devoir, 17 février 2014 et 22 décembre 2008). D’ailleurs, avez-vous déjà entendu un plaidoyer de leur part prônant de meilleurs services publics largement financés? Non, jamais. Ils parlent plutôt de la nécessité, pour leur avantage à eux seuls, de privatiser la santé, les garderies, les écoles, tout en étant comme le REM dernièrement majoritairement subventionné par des fonds publics. En santé publique, on va toujours couper et continuer à réduire les services à la population sans jamais avoir le courage de s’attaquer au cœur du problème : le salaire des toubibs et le prix des médicaments qui eux vont continuer à exploser. Alors vous allez voir dans les 10, 20 et 20 ans, on va encore parler des mêmes problèmes qui affligent nos services publics.

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