CAQ : des milliards de fonds publics versés aux papetières : c’est «winner»

Fitz sort encore le chéquier : pas grave, c’est juste notre argent

Le ministre caquiste de l’Économie est généreux avec notre argent afin d’aider des compagnies rentables comme Vidéotron, Bell et Télus dans l’internet, les pharmaceutiques à qui il trouve ça «winner» de leur céder nos informations médicales personnelles et aux pôôôvres papetières. Il leur a déjà donné 680 millions au cours des deux dernières années et là, ne voulant pas paraître radin avec ses amis, il veut leur verser un milliard de dollars additionnel : «1 milliard pour sauver les papetières» (Le Journal de Montréal, 13 mars 2021). Et il faut ajouter à ces généreux présents les routes, le reboisement, la formation, etc. défrayés par l’État et les formidables tarifs d’électricité minimes qui leurs sont facturés jumelés à l’achat de leur électricité, que certaines produisent avec la biomasse, à des formidables tarifs de plus de 10 cents le kwhre. Au oui, j’oubliais, les nombreuses coupes à blanc autorisées par la CAQ, un parti politique d’un vert très pâle. Grosses subventions, petits impôts et minuscules redevances (comme pour les minières) versés à l’État par les forestières : «Forêts en cadeau aux entreprises. Des redevances bonbons exigées par Québec pour l’exploitation de territoires fragiles» (Le Journal de Montréal, 24 mars 2016).

Réglons tout de suite le sort des pelleteux de nuages

Comme vous le savez mes amis, le patronat et les élus font toujours de beaux discours sur la protection de l’environnement mais hélas suivis dans les faits de gestes qui polluent toujours plus. Pour les papetières, il ne faut pas exagérer le problème, si vraiment il y a un problème de réchauffement de la planète. La «business» au profit de certains avant l’écologie : «Conseil de l’industrie forestière du Québec. Trop de développement durable nuit au développement économique. Les forestières réclament un plus grand accès à la ressource ligneuse (c’est-à-dire aux arbres matures)» (Le Devoir, 19 novembre 2013).

L’épouvantail de la faillite des papetières

Pierre Fitzgibbon, celui qui a des participations dans plusieurs entreprises (dont certaines subventionnées) et qui a beaucoup d’amis importants dans le privé, a dit, sans rire, qu’il fallait absolument que l’État aide les papetières afin qu’elles ne fassent pas faillite.

La québécoises Domtar vendue pour 3 milliards$

Au mois de mai 2021, la compagnie Paper Excellence a versé 3 milliards de dollars en espères afin d’acquérir Domtar : «Pâtes et papiers. Domtar rachetée pour 3 milliards par Paper Excellence. La société établie en Colombie-Britannique allongera 55$ US en espèces pour chaque action de Domtar» (Le Devoir, 12 mai 2021). Le président de Domtar, tout content, a déclaré que : «Cet accord permet à nos actionnaires de réaliser une valeur en espèces certaine et immédiate majorée d’une prime importante pour leurs actions».

Alors ma question à Fitz le magnifique est la suivante : si l’industrie forestière se porte si mal au Québec, pourquoi donc une autre papetière de la Colombie-Britannique vient d’acquérir la québécoise Domtar pour 3G$ tout en acceptant de payer en plus une belle grosse prime par rapport à la valeur au marché de l’action? On ne débourse pas 3 milliards$ en argent pour une compagnie sur le bord de la banqueroute. Votre discours démagogique ne tient pas la route, ni même la ruelle. Débourser un tel montant signifie que l’acheteur voit un grand potentiel d’avenir pour Domtar.

Ah oui, pour 2018 et 2019, j’ai ressorti ces deux articles qui concernent Domtar et qui sont loin de laisser planer la faillite : «Domtar hausse ses profits et ses prévisions» et «Domtar augmente (encore une fois) ses profits» (Le Devoir, 6 février 2019 et 2 août 2018).

Il y a aussi une autre pauvre papetière québécoise, Résolu, qui, en 2018, a réalisé tellement un gros profit qu’elle a décidé de verser un dividende spécial exceptionnel à ses actionnaires : «Résolu gâte ses actionnaires en leur versant un dividende exceptionnel de 135 millions$ US du fait qu’elle a plus que doublé son profit net» (Le Devoir, 2 novembre 2018). Je dis ça comme ça en passant, mais saviez-vous que l’actuel ministre caquiste de la Santé, Christian Dubé, a longtemps été dirigeant chez Domtar et chez Cascades qui ont, de ce fait indiscutable, leurs entrées privilégiées au gouvernement. Ils n’ont pas besoin de prendre un numéro pour rencontrer Fitzbibbon, Dubé ou Legault afin de leur déballer leurs doléances et leurs craintes.

Les prix s’envolent mais il ne faut quand même pas les gaver de fonds publics

Déjà en 2018 : «Le prix du bois d’œuvre atteint des sommets» (Le Journal de Montréal, 29 mai 2018). Et malgré le protectionnisme de Donald Trump, qui a imposé de gros tarifs douaniers : «Malgré le conflit (avec les États-Unis), les exportations de bois d’œuvre du Québec grimpent» (Le Devoir, 18 janvier 2018). Les prix s’envolent, les exportations explosent et même à ça, Fitz parle de banqueroute.

Et vous le savez que depuis au moins un an, le prix du bois a encore augmenté au Québec. Toutes ces hausses de prix profitent à qui? Pas aux papetières que nous dit Fitz dans toute sa petitesse car elles sont grandement déficitaires.

Même s’il s’agit de notre bois, issu de notre propre ressource naturelle publique qu’est notre forêt, il faut tout de même que l’on paie le gros prix. Et le ministre caquiste de la Forêt, Pierre Dufour, qui vient nous dire que : «Dufour sans arme pour combattre la montée en flèche des prix du bois» (Le Journal de Montréal, 12 mai 2021). La solution est pourtant simple : il faut nationaliser la forêt qui nous appartient collectivement comme il faudrait nationaliser les ondes afin d’arrêter de se faire voler par Bell, Vidéotron, Rogers et Telus. La CAQ ne peut empêcher les prix du bois de grimper, mais elle peut et doit les inonder de fonds publics. Et Fitz qui affirme qu’elles ont un pied et presque deux dans la tombe économique : du vrai mépris servi aux gens.

Quel est le secret des papetières?

Vous vous demandez peut-être comment il se fait que les papetières québécoises rentables reçoivent quand même des milliards de dollars en subventions directes et indirectes, en tarifs d’électricité très petits, en remboursement et construction de routes payées par le gouvernement, etc. ?

C’est assez simple. Il suffit de faire comme les banques, Bombardier, SNC-Lavalin et d’autres et embaucher comme dirigeants et comme lobbyistes d’anciens politiciens. Mais il ne faut pas appeler ça de la corruption. Ces «plogues» font partie intégrante de nos sociétés libres et démocratiques. Je vous l’ai déjà signalé : notre actuel ministre caquiste de la santé, Christian Dubé, a passé une partie intégrante de sa carrière professionnelle chez Domtar et chez Cascades : «Christian Dubé revient en politique pour la CAQ» (Le Journal de Montréal, 3 septembre 2018). Pourquoi les pétrolières du Québec et les médecins spécialistes ont-ils engagé Lucien Bouchard, comme d’autres ont embauché Charest, Mulroney, Couillard et de «king» du lobbyiste l’ex-ministre libéral des finances, Raymond Bachand. Non, ils n’ont pas fait appel à mes précieux services.

Ah ben chose, un ancien ministre conservateur est devenu président du Conseil de l’industrie forestière du Québec : «Denis Lebel défendra l’industrie forestière». Denis a de solides contacts au gouvernement et dans l’appareil gouvernemental. Disons que ça aide à défendre la «cause». Avant lui, il y a eu le pittbull péquiste Guy Chevrette, un parti qui prétend toutefois être de gauche : «Guy Chevrette devient PDG du Conseil de l’industrie forestière du Québec» (La Presse, 3 mai 2005). C’est comme ça que nos élus deviennent des haut-parleurs du patronat.

En 2016, Pierre-Olivier Lussier, ancien attaché de presse du ministre libéral des Forêts, Laurent Lessard, quitte abruptement son poste pour se joindre à l’importante entreprise forestière Rémabec. Philippe Couillard n’a rien eu à redire. Il a trouvé ça normal et a souhaité bonne chance à Pierre-Olivier dans son choix de réorientation de carrière : «Éthique : un ex-attaché de presse de Lessard critiqué» (Le Devoir, 6 octobre 2016). Aussi, il y a eu l’ex-directeur général du Parti libéral du Québec, Karl Blackburn, qui s’est joint à la papetière, très attachée au biberon de l’État, Résolu : «Industrie forestière. L’ex-DG du PLQ devient directeur chez Résolu» (La Presse, 22 août 2013). Karl est maintenant président du Conseil du patronat du Québec.  

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